Né des réseaux de la résistance, le Service d’action civique (SAC), organisation de gros bras parfaitement dévoués à la cause de la grande Zohra, jouit de cette grâce d’avoir su être discret lorsqu’il le fallut (la traversée du désert avant 58) et impressionnant quand il en était besoin (contre l’OAS, durant la guerre d’Algérie).
Cornaqué de loin par l’éternel Foccart, et organisé de près par des barbouzes comme l’étrange Pierre Debizet, le SAC que décrit François Audigier dans cette demi-somme (le livre ne s’étend que sur la décennie 58-69) se révèle vraiment comme une police politique occulte qui, réactivée pour la prise de pouvoir de de Gaulle, jouera un rôle majeur dans les crises fatidiques comme celle de 68, ou celle de l’Algérie quand bien même la majorité de ses membres était favorable au maintien.
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Inventé originellement pour répondre aux violences communistes d’après-guerre, le SAC ne le cède en rien pour les méthodes musclées à « l’extrême droite », celle de l’Algérie française et d’Occident, ni à l’extrême gauche subversive. On a peine à imaginer, vu d’ici, que les bourgeois protecteurs de l’argent et de l’ordre qui s’appellent LR soient les enfants de cette histoire sanglante (des dizaines de morts de tous les camps) et souterraine.
Leçon de politique réaliste, cette thèse rappelle qu’il n’y a pas d’innocence et que derrière la façade ripolinée du grand homme s’agitèrent des gorilles et des barbouzes, qui avaient une foi mais guère de loi.






