Les historiens, Jacques-Olivier Boudon et David Chanteranne ; le géopoliticien Gérard Chaliand ; François Costantini spécialiste du Proche-Orient ; nos chercheurs insulaires Antoine-Baptiste Filippi, Raphaël Lahlou, Stéphane Perez-Giudicelli, François Santoni ; le poète Gilles Wauthoz et Jean-Baptiste Noé directeur de la revue Conflits, ont relevé le défi d’aborder Napoléon sous un angle nouveau en le replaçant dans le contexte gréco-latin de la philosophie et des sciences politiques. Le tout sous le regard bienveillant d’une préface des plus exquises de Jean Tulard. « Grâce au maître Jean Tulard, nous découvrons aussi le personnage du tyran Tryzus que Napoléon avait annoté en lisant l’Alcibiade de Meissner qui lui permet de réfléchir sur la liberté, l’égalité et sur la liberté d’expression. Y-a-t-il une malice chez Jean Tulard ? Tryzus avait interdit à ses concitoyens de s’exprimer. Voilà un petit détail qui montre qu’un livre suggère des pistes que le lecteur doit découvrir lui-même. Ce qui est essentiel, se mérite ! » souligne Olivier Battistini.
À l’origine de ce livre, il y a le soutien de la mairie de Sartène, celui de la revue de géopolitique Conflits, et les Rencontres napoléoniennes, qui ont permis au cœur de la cité : des échanges entre des historiens de Napoléon et Olivier Battistini. Battistini est un helléniste passionné par celui qui « a remis en lumière toute une face du monde antique, peut-être la plus définitive, la face de granit ». Les échanges se font autour d’un Napoléon aux « cent visages » : chef de guerre, lecteur des historiens grecs et latins, et « dernier Romain ».
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Des comparaisons sont établies entre Napoléon et Alexandre le Grand, deux maîtres de la bataille rangée – selon les principes du « modèle occidental de la guerre ». L’un affronte les Scythes insaisissables au-delà des rives de l’Iaxarte et de l’Alexandrie Eschatè, l’Ultime, à la limite septentrionale de l’Empire, vers des solitudes dévastées, aux confins du monde ; l’autre, les Cosaques, la « guerre de partisans » et les « guerres irrégulières » dans les plaines de l’immense Russie.
Olivier Battistini songe à Plutarque : « Napoléon et Alexandre le Grand, des Vies parallèles. Dans les Proclamations, les Discours de guerre, les Bulletins de la Grande Armée ou encore dans les Mémoires ou la Correspondance de l’Empereur, des mots qui sonnent grec ou latin. […] Napoléon et Alexandre – “ceux qui marchent seuls” –, peuvent apparaître comme deux figures d’un même héroïsme antique, guerrier et tragique. […] Dans la pensée de la guerre et de l’Empire, par la fulgurance des décisions au combat, par l’organisation de l’armée, par la question du devenir des peuples vaincus, par la grandeur et une esthétique tragique, Napoléon, comme Alexandre le Grand, […] nous fascine […] Napoléon est l’antidote au “déclin”, à “l’épuisement”, à “l’affaiblissement des instincts”. Une esthétique de la grandeur ». Manuel politique, manuel de pensée militaire, ce livre est une vaste fresque, une plongée enivrante dans un monde perdu qui dit beaucoup de nos mentalités contemporaines.

L’Artilleur et Bernard Giovanangeli, 272 p., 20€





