Skip to content

Scène rock islandaise, le rock de la terre noire

Par

Publié le

4 août 2021

Partage

Depuis quelques années, l’Islande voit émerger une scène musicale passionnée et passionnante, héritière à la fois des outrances du rock et des températures glaciales de la cold wave. Coup de projecteur sur les enfants terribles de la pierre volcanique.
ISLANDE

Il y a définitivement quelque chose entre le rock et l’Europe septentrionale. On se demande parfois comment ces pays d’humbles pêcheurs et de triste culture protestante ont pu accoucher d’une scène musicale aussi virtuose, comme si l’électricité là-bas avait des qualités particulières, comme si les hivers à rallonge et la solitude des grands espaces n’offraient d’autre issue pour leurs habitants que l’hystérie du rock’n’roll. 

Si la Suède et la Norvège se sont spécialisées depuis longtemps dans les excès néo-romantiques du black metal, l’Islande était passée jusque-là sous les radars, seulement auréolée du succès de son unique vedette, Björk, et de quelques actes isolés comme les disques lumineux de Sigur Rós. Pourtant, depuis quelques années, tout a changé : sur ce caillou offert aux tempêtes et encore cerné de mythes, une nouvelle génération a vu le jour : des hordes de gosses se sont soudain emparés de guitares pour produire une musique radicalement de son temps, c’est-à-dire radicalement passéiste, arrangée avec ce qu’il faut de désespoir et de singularité pour en faire la bande-son de l’Europe Terminale.

Une candeur intacte

L’Islande étant très peu peuplée, la scène musicale y est forcément incestueuse : à Reykjavik, tout le monde joue avec tout le monde, et chaque musicien gravite autour de deux ou trois groupes au minimum, si bien qu’on y trouve presque plus d’entités musicales que d’artistes, un phénomène qui rend sans doute la scène islandaise si particulière et si « cohérente » dans son esthétique et son approche. 

Lire aussi : Süeür est-il la planche de salut du rock ?

C’est aussi pourquoi la plupart des groupes islandais qui comptent savent concilier leurs influences avec une candeur féroce : ainsi des donzelles de Kaelan Mikla, qui s’emparent des clichés du mouvement gothique et du punk avec une ferveur et un premier degré qui font mouche. Alors que la musique pop occidentale semble parfois s’enferrer dans le cynisme navrant des post-modernes, dans l’ultra-référencement, dans une désinvolture d’enfants gâtés, les Islandais y vont à fond, avec une rafraîchissante envie d’en découdre.

L’héritage des sugarcubes

Bien sûr, on ne peut passer outre l’influence énorme de Björk et des Sugarcubes, qui ont donné le « la » aux ambitions musicales du pays. Les Sugarcubes, c’était d’abord un collectif aux talents multiples, toujours à l’avant-garde et déterminé à repousser les limites de l’expérimentation tout en restant populaires. La discographie de Björk est à ce titre exemplaire : entourée des meilleurs vidéastes et des arrangeurs les plus exigeants, l’Islandaise a redéfini en une décennie les canons de la musique pop, montrant que celle-ci pouvait, tout en se hissant dans les charts, conserver une sacrée radicalité. La nouvelle école islandaise s’inscrit à merveille dans ce sillage, intégrant au passage tout un legs folklorique qui confère une couleur unique à son tempérament élégiaque – quand l’enracinement est le terreau des excentricités salvatrices.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest