L’ombre présidentielle plane sur le nombril des lycéennes en cette rentrée 2021-2022, depuis qu’en juillet Emmanuel Macron a jugé bon de clore une interview fleuve au magazine féminin Elle par quelques lignes réacs sur le crop top : « À l’école, je suis plutôt “tenue décente exigée” ». Quelques mots terriblement révélateurs de la conception qu’a le Président du fameux « art de vivre à la française » qu’il cite si souvent et auquel il ne comprend rien ; mots qu’il convient de mettre en parallèle avec la détermination de plusieurs membres de la majorité présidentielle, de membres du gouvernement même, à légitimer le port du voile dans l’espace public et du burkini dans les piscines.
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Le mois de juin a été à ce titre un mois de victoire de la civilisation islamique sur la France. Premièrement, par une image si symbolique qu’on ne se lasse pas de la regarder : Jordan Bardella, vice-président du Rassemblement National, émargeant aux élections régionales face à un assesseur entièrement voilée. Marlène Schiappa, la sous-ministre de l’Intérieur, aussi aveugle qu’on peut l’être face à cette éminente question civilisationnelle, a jugé bon de s’emparer du sujet et de clamer haut et fort au sein de l’Assemblée nationale la légitimité de cet islam allogène et invasif en approuvant le port du voile par l’assesseur, favorisant ainsi, sans même en avoir conscience, l’islamisation des valeurs républicaines, préalable indispensable à l’islamisation prochaine des institutions. La justification de la ministre ? « Avec plus de femmes comme elle, la démocratie se porterait mieux… » Après avoir fait entrer massivement des contingents de travailleurs islamiques dans l’unique but de les sous-payer pour qu’ils accomplissent les tâches auxquelles les Français se refusaient pour des salaires de misère, les sociaux-libéraux donneurs de leçon ont manifestement entrepris d’aller plus loin et de résoudre de la même manière la désaffection électorale, en accueillant des contingents de républicaines voilées et de républicains barbus, ce qui leur évitera d’avoir à questionner le système politique prétendument démocratique qu’ils portent à bout de bras et que les Français méprisent de plus en plus largement.
L’autre grande victoire islamiste du mois de juin est bien entendu celle qui a consisté à voter en commission, à l’Assemblée nationale, l’abrogation d’un amendement anti-burkini précédemment déposé au Sénat par le groupe LR. Le burkini, qui doit manifestement être conforme au code de la décence du Président de la République puisque sans l’appui de sa majorité le texte socialiste n’aurait jamais été adopté, est donc parfaitement bienvenu désormais dans les piscines françaises, au mépris de nos traditions vestimentaires estivales. La macronie, les socialistes, les verts, les insoumis, de concert avec les islamistes, semblent avoir repris à leur compte ces vers d’Euripide : « Ô Zeus, pourquoi donc as-tu infligé aux humains ce frauduleux fléau, les femmes, en l’établissant à la lumière du soleil ? » À l’heure où les femmes sont sommées de ne plus allaiter en public, de rallonger la taille de leurs tee-shirts, de porter des tenues « décentes », de priver leur corps de la lumière du soleil, ces paroles de Paul Morand, en introduction de ses délicieux Bains de mer, me reviennent en mémoire : « Quand je pense, par-derrière moi, à des journées de bonheur parfait, ce furent presque toujours des journées d’été ; autant dire qu’il y avait quelque bain là-dedans ».
Le burkini est donc parfaitement bienvenu désormais dans les piscines françaises, au mépris de nos traditions vestimentaires
Se baigne-t-on en France, avec Ingres ou Cézanne, autrement que nue ? Déjeune-t-on sur l’herbe avec Manet autrement que nue ? La Vénus de Botticelli ne sort-elle pas de l’onde entièrement nue ? Ne se prélasse-t-elle pas dans la cité raffinée d’Urbino, sous le regard du Titien et peut-être même de l’incomparable Cortegiano, entièrement nue ? Les demoiselles que Macron souhaite couvrir à tout prix, ne se promènent-elles pas dénudées en Avignon, aux côtés de Pablo Picasso ? Mais cette beauté féminine dénudée rebute Emmanuel Macron ; il n’en veut pas, à l’école moins qu’ailleurs ! Il est en cela le digne descendant du curé de Biarritz qui protestait en 1917, avec l’appui des notables bourgeois, contre les décolletés. Il est malheureusement aussi le digne précurseur des ayatollahs, qui finiront par imposer un jour prochain sur certaines plages et dans certaines piscines françaises le burkini comme unique vêtement de bain décent !





