Film culte de toute une génération de cinéastes, film DR maudit connu pour avoir provoqué la mort de son réalisateur Jean Vigo, épuisé par une post-production houleuse, L’Atalante est l’objet cinéphilique par excellence. Mutilé par des producteurs timorés, l’œuvre a connu bien des remontages et ses multiples légendes ont un peu occulté ce qui demeure un des chefs-d’œuvre du réalisme magique. L’occasion de le redécouvrir en salles dans une version plus ou moins « director’s cut », qui laisse la part belle à ses digressions oniriques et à ses plans inoubliables.
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Après un Zéro de Conduite qui s’était attiré les foudres de la censure, le producteur de Jean Vigo espérait calmer les ardeurs de son poulain en lui confiant ce film de commande au scénario policé (l’histoire d’amour contrariée entre une jeune femme et un marinier) : c’était sans compter le talent du réalisateur pour tordre n’importe quelle histoire à son avantage et lui donner la force et la complexité d’un conte noir symboliste. Parmi les scènes mythiques, on retiendra l’étrange séduction entre Juliette et le père Jules (génial Michel Simon), les plans sous-marins évoquant des noces fantomatiques ou la scène d’amour à distance entre les deux amants, bouleversante de sensualité. Une leçon de cinéma.
L’Atalante (1934) de Jean Vigo, avec Dita Parlo, Jean Dasté et Michel Simon, en salles le 29 septembre





