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Eugénie Grandet : notre critique

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Publié le

29 septembre 2021

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Quel gâchis ! Si le réalisateur Marc Dugain réussit parfaitement à restituer l’atmosphère des scènes de province et la critique balzacienne de l’argent, son Eugénie Grandet s’égare dans un féminisme grossier en tout point contraire aux propos de Balzac.
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L’écrivain-réalisateur Marc Dugain reste pour son cinquième long-métrage à la frontière des deux arts avec l’adaptation du roman éponyme d’Honore de Balzac, qui conte l’histoire d’une jeune fille de la bourgeoisie marchande saumuroise bouleversée dans sa vie monotone par la passion violente que lui inspire son cousin débarqué tout fraichement de Paris. Dugain restitue avec talent l’ambiance de l’œuvre balzacienne : on est bien au cœur des scènes de la vie de province.

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Les journées grises s’étirent sans fin entre les claquements de l’horloge, l’avarice sordide du père d’Eugénie pèse comme une enclume sur son foyer, la boue des sentiers colle aux souliers. Une réalisation léchée, un travail remarquable sur les costumes et une direction d’acteurs parfaitement maitrisée contribuent encore à cette immersion qui conclut sur l’inhumanité d’un monde moderne où l’argent a remplacé Dieu et l’amour. Et puis on assiste a un déraillement au dernier quart du film, qui trahit complètement la vision balzacienne (profondément réactionnaire) pour servir une soupe néo-féministe aussi anachronique qu’indigeste. Un gâchis lamentable.

Eugénie Grandet (1h45) de Marc Dugain, avec Joséphine Japy, Olivier Gourmet, Valérie Bonneton, en salle le 29 septembre

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