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Mourir peut attendre : notre critique

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Publié le

29 septembre 2021

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Mourir peut attendre, le nouvel opus de James Bond, sort en salles ce mercredi. C’est le cinquième, et aussi le dernier qui mette en scène l’excellent Daniel Craig dans la peau de l’agent 007. Alors avalez votre Vodka Martini, préparé au shaker, pas à la cuillère, grimpez dans l’Aston Martin DB5 et en route Simone !
007

Cinq ans après les évènements du douteux Spectre, on retrouve un Bond à la retraite en Jamaïque. Entre temps, il s’est débarrassé de sa femme Madeleine Swann, toujours incarnée par Léa Seydoux, dont il pense qu’elle a voulu le faire assassiner. À Kingston, Bond se laisse convaincre par la CIA de  récupérer une arme bactériologique volée au MI-6 par l’organisation Spectre, apparemment toujours vivante. Il se trouve alors opposé au nouvel agent 007 que campe Lashana Lynch, et découvre une machination qui dépasse largement le cadre de Spectre et menace, une fois n’est pas coutume, l’existence même de l’humanité. Ce faisant, il sera forcé de collaborer avec son ex-femme et se confrontera à Rami Malek, l’un des méchants les plus fantomatiques de l’histoire de la franchise, voire, allons-y franchement, de celle du cinéma.

Ce long-métrage ne prend jamais le temps de développer la psychologie des personnages et les querelles qui les habitent, trop occupé à servir sa dose de James Bond aux fans pour les adieux de Daniel Craig

Car autant le dire tout de suite, ce film est globalement raté. Déjà, nous le disions, par le manque de saveur de son antagoniste principal, et du danger qu’il représente. On croit voir un méchant générique, comme un avatar pas encore personnalisé. Bond lui-même, de retour pour une dernière mission, semble agir automatiquement, parce qu’il faut bien donner son quota d’héroïsme à Sa Majesté. On perd l’implication personnelle du héros dans le drame, pourtant une des marques de fabrique des Bond de Craig, qui avait trouvé son apogée dans le quasi-parfait Skyfall. On cherche bien à lier le personnage de Rami Malek, dont le nom vaguement oriental ne mérite pas une recherche de votre serviteur qui l’a oublié, au passé de Madeleine, mais la tentative est oubliée en chemin. Et pourtant, ce lien, ainsi la relation entre Madeleine et James, problématiques introduites dans une longue scène prégénérique époustouflante, qui laisse présager le meilleur, aurait dû être le cœur du long-métrage.

Seulement, ce dernier ne prend jamais le temps de développer la psychologie des personnages et les querelles qui les habitent, trop occupé à servir sa dose de James Bond aux fans pour les adieux de Daniel Craig, dans un empilement effréné de scènes d’action oubliables. Et pourtant, quelles sont spectaculaires et intenses ! Mais, trop nombreuses, mises au service d’une intrigue aux rebondissements anecdotiques, étalée comme du beurre sur une tartine trop grande, elles en deviennent soporifiques, comme le film lui-même.

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Bien trop long, avec ses deux heures quarante-trois, un record pour la franchise, il entre dans la malheureuse catégorie des productions dont le générique soulage. On n’est pas non plus en présence d’un navet, certaines scènes sont très réussies, on pense notamment à la rayonnante Ana de Armas, le jeu sur la nostalgie d’un Bond qui reprend du service fonctionne, et l’agent a conservé son flegme et ses lignes de dialogues ciselées. Malgré cela, Daniel Craig aurait mérité de meilleurs adieux, après avoir bouleversé son personnage comme aucun de ses prédécesseurs et offert avec Casino Royale et Skyfall deux chefs-d’œuvre au genre de l’espionnage.

Mourir peut attendre (2h43) de Cary Joji Fukunaga avec Daniel Craig, Rami Malek, Léa Seydoux, en salles le 6 octobre

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