Ce regain de pudibonderie semble associé à l’hypersexualisation du corps féminin : on ne peut plus traverser une ligne de métro sans reluquer les atouts callipyges d’une jeune femme de réclame en train de manger un yaourt ou acheter le dernier smartphone à la mode. Par réaction, la société ne supporte plus de voir le moindre bout de peau – quand bien même s’agirait-il d’un allaitement discret.
Briser les tabous
Cette pudibonderie s’applique mal en occident. D’autant plus dans un occident qui s’enorgueillit de « déconstruire ». Et le rapport au corps en premier : on casse les frontières hommes / femmes, on glorifie les poils sous les bras, on s’extasie devant l’obésité morbide. En prime, on taxe de « réac » tous ceux qui jugent que c’est un tout petit peu trop. La doxa du Progrès éternel forcément génial a encore une fois confondu « tabou » et « intime » : si on cache le sang des règles sur les publicités, c’est parce que le patriarcat serait gêné et voudrait contrôler le corps des femmes. Pas du tout parce que personne n’a envie de voir le contenu d’une serviette ou d’une couche en trois mètres par quatre à 7 heures du mat, bien sûr.
De nombreux parents inquiets se tournent vers des professionnels pour aider leur ado à passer leur jeunesse sans casse
Naît-on pudique ou le devient-on ?
Selon les pédopsychiatres, la pudeur s’acquiert assez jeune, entre quatre et sept ans. Le rejet du complexe d’Œdipe fait le reste : ne voulant pas être sujet d’inceste, l’adolescent se détache de ses parents et construit son rapport au corps à l’extérieur du contexte familial. On met un verrou sur la porte de la salle de bain, et le tour est joué.
Le choc des réseaux sociaux
Du moins le croit-on. De nombreux parents inquiets se tournent vers des professionnels pour aider leur ado à passer leur jeunesse sans casse. En effet, le truchement des réseaux sociaux fait oublier toute pudeur à nos chers enfants. Quand John-Djylanne fait un selfie pour gratter quelques likes d’Evanjelyn, la jolie fille de seconde qui pose de dos en legging devant son miroir, il ne se rend pas compte que Robert-Kader de la Meuse peut observer – lui et quelques milliers d’autres. Quand les psychologues demandent aux ados s’ils reproduiraient le même comportement en vrai, la réponse se résume à « ben non ! » suivi d’un rictus amusé.
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On fait quoi ?
Pas de panique : Karl et Coco sont là. On revoit les intemporels, on bosse le style sartorial, on se replonge dans Vogue. Bref, pour être pudique sans être vulgaire ni coincé, on mise tout sur l’élégance !





