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Zemmour chez les chouans

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Publié le

1 novembre 2021

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Le polémiste s’est rendu en pays gallo pour réconcilier les blancs et les bleus autour d’une offensive contre-révolutionnaire assumée.
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C’est au sud de Dinard, à Pleurtuit (Ille-et-Vilaine) qu’Éric Zemmour a rempli sans difficulté le vendredi 29 octobre une salle de 700 personnes après que la ville de Saint-Malo ait refusé d’en louer une aux deux associations organisatrices, Mémoire du futur animée par Reynal Secher et l’Association souverainiste de l’Estuaire de la Rance, animée par Michel Leguéret. Voilà donc un public mêlant dans une joyeuse ambiance nostalgiques de l’Ancien régime et gaullistes en rupture de ban. Il s’agissait pour l’écrivain, lauréat du prix Chateaubriand qui lui avait été décerné non loin de là au château de Combourg, de disserter sur la notion de patrimoine. Au premier rang, on pouvait apercevoir le prince Charles-Emmanuel de Bourbon Parme, descendant direct de Louis XIV et le général à la retraite Antoine Martinez, candidat à l’élection présidentielle. Dans la salle, on remarquait le sulfureux Pierre Cassen, animateur du site Riposte laïque ou encore Roland Hélie, infatigable militant nationaliste qui fut jadis l’une des chevilles ouvrières du Parti des Forces Nouvelles (PFN), ce concurrent du Front national qui connut ses heures de gloire à la fin des années soixante-dix. À la sortie, quelques dizaines de contre-manifestants arboraient des drapeaux LGBT et anarcho-syndicalistes, traitant avec une régularité de métronome les auditeurs d’Éric Zemmour de « fachos », ce qui n’a pas semblé beaucoup émouvoir ces derniers.

« Taine m’a définitivement vacciné contre la Révolution française »

Connaissant son public, Éric Zemmour s’est posé en rassembleur de deux France, celle qui vibre au sacre de Reims et celle qui applaudit à la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790, leur proposant de s’allier contre ceux qui n’aiment pas l’histoire de France et ceux qui n’en font pas partie. Discours de rassemblement donc, mais paroles offensives face à ce que l’on appelait jadis dans la rhétorique nationaliste, l’« anti-France ». Pour autant, derrière l’idée de la continuité de l’histoire de France, c’est bien à un procès de l’héritage révolutionnaire que Zemmour s’est livré d’entrée. « Taine m’a définitivement vacciné contre la Révolution française » a-t-il ainsi proclamé d’entrée, faisant référence aux travaux de l’historien des débuts de la IIIe République auteur des Origines de la France contemporaine. Il a ensuite méthodiquement démonté l’imposture de l’art contemporain qui se sert comme écrin du patrimoine historique national pour donner de la valeur à des œuvres qui n’en sont pas. Il a salué la révolte de la Chine et de la Russie contre un art contemporain dont la capitale est devenue New-York, ces deux autres puissances encourageant le renouveau d’arts nationaux enracinés dans leurs traditions populaires.

Interrogé par Reynald Secher sur la question de l’identité, l’orateur vedette a fait remarquer que si un pied-noir et un Breton pouvaient se parler, c’était grâce à la culture française et à l’histoire de France. Il a regretté que la gauche trahisse l’idéal républicain : « Les gens qui manifestent contre moi sont les vrais antirépublicains », déclenchant des applaudissements d’une salle pourtant en large partie acquises aux idées monarchistes. Visiblement en confiance, le très probable candidat à l’élection présidentielle a avoué que depuis son enfance, il avait « toujours considéré qu’être Français c’est être le compatriote de Chateaubriand ». De quoi bien évidemment ravir la foule. Concernant l’Éducation nationale, il a considéré que somme toute, il fallait se demander « s’il ne faudrait pas rétablir le beau nom d’Instruction publique ».

Lire aussi : L’insaisissable Éric Zemmour

En conclusion de ses propos, Éric Zemmour a expliqué qu’ « en France, les guerres civiles sont le prolongement des affrontements intellectuels », que cela avait été le cas lors de la Révolution française et que ce serait peut-être encore le cas demain si l’ordre ne revenait pas rapidement en France. Actant l’entrée dans un âge identitaire, c’est sous un tonnerre d’applaudissements qu’il achevait son intervention en citant le philosophe René Girard : « Il nous faut rentrer dans une épreuve du temps, où nous serons plus proches de Charles Martel et des Croisades que de la Révolution française et de l’industrialisation du Second Empire. »

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