Pour ce quatrième album, Sticky, on ne change pas une équipe qui gagne, même si, comme le confie Dean Richardson, le processus d’enregistrement ne fut pas tout à fait le même. En effet, alors qu’ils avaient à peine fini leur cycle de tournée pour le précédent album, End of Suffering, les serpents à sonnette furent, comme le reste de la planète, stoppés net par un pangolin. « On tourne tellement que d’habitude, on enregistre nos albums très rapidement. On a généralement trois semaines entre la tournée britannique et la tournée américaine, et c’est le temps imparti pour faire le disque. Mais là, on a eu quasiment deux ans. Ce fut totalement différent. J’ai produit le disque, de façon organique, avec des démos, en huit ou neuf sessions différentes. On s’est enfermés pour composer et enregistrer dans une cabane, puis on est allés dans un petit studio du Nord-Est de Londres, avant de poursuivre dans un grand studio pour les batteries. On a donc eu une approche différente, un peu patchwork, en construisant petit à petit, au lieu de tout faire d’un coup », explique-t-il.
Si la pandémie a pu modifier le processus créatif du groupe, on retrouve le même humour
Humour londonien et touche électro
Si la pandémie a pu modifier le processus créatif du groupe, on retrouve le même humour. Comme l’avait écrit Frank Carter lors de l’annonce de l’album, le morceau-titre traite « de ce moment où l’on est bourrés à 3 h du matin à un arrêt de bus. On sait qu’il n’y a plus de transport, mais on reste assis là parce qu’on ne sait pas trop quoi faire. Ton kebab est par terre, et tu es réveillé par un sale petit renard qui te grignote les pompes ». Toute personne ayant passé une soirée à Londres a vu ou a été ce type de personnage au moins une fois. Et si le punk peut paraître une musique redondante (avec les quatre mêmes accords depuis 1977, on finit par tourner en rond), le groupe sait élargir l’horizon du genre et ne pas se laisser enfermer dans un gimmick. « On essaie toujours de proposer quelque chose de nouveau, au moins dans les limites de ce que l’on souhaite faire. On aura toujours le punk au cœur, mais on peut tellement explorer dans ces parages. Si ça sonne comme un disque qu’on a déjà fait, c’est qu’on n’est pas inspirés. Toute cette électro dans le disque, ça vient sûrement du fait que je sois le producteur et qu’il n’y avait personne pour nous dire, comme par le passé, ce que les Rattlesnakes devaient être ou ne pas être. Cette fois-ci, on est sans filtre, ça ressemble à la version la plus pure du groupe. Punk rock, mais dans notre propre version, soit un mélange de toutes nos influences, qu’il y ait des basses synthétiques ou pas ».
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Des punks pleins d’amour
Pour ce nouveau disque, Frank Carter et ses serpents à sonnette ont en outre pu bénéficier du soutien de Joe Talbot, des talentueux Idles, et du légendaire Bobby Gillespie, de Primal Scream. « On avait du temps, alors on s’est dit qu’on allait faire des collaborations. Et quasiment tous les gens que l’on a contactés étaient partants. Je crois que c’était aussi l’un des avantages du fait que tout le monde était bloqué à la maison ! », s’esclaffe-t-il. Frank Carter and the Rattlesnakes seront en concert à la Cigale le 14 février, une occasion à ne pas manquer, d’autant que, selon Dean : « Nous sommes des punks pleins d’amour. S’il y a un concert auquel emmener ta copine pour la Saint-Valentin, c’est bien celui-ci ».






