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Bruits de guerre au Kosovo

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Publié le

25 novembre 2021

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Ces derniers temps, la défiance entre la Serbie et le Kosovo est recrudescente, et laisse de plus en plus craindre une future guerre, au moins larvée, dans les Balkans.
Kosovo

« Bien sûr, je voudrais conserver la paix, mais je dois aussi vous dire que nous n’avons pas le choix ». Les mots sont forts, terriblement forts ; ils ont été prononcés par Aleksandar Vucic, président de la République de Serbie, le 13 octobre, à Raska, devant une assemblée de représentants des Serbes du Kosovo. Quelques instants plus tard, devant les troupes de la garnison de la ville en tenue de combat, le même Vucic lançait le « Nema Predanje », « Nous n’abandonnerons pas », mot d’ordre des Serbes qui refusent l’arrachement du Kosovo, qu’on retrouve tagué sur les murs un peu partout en Serbie centrale et dans les enclaves serbes au Kosovo même.

Les pharmacies ont donc été envahies par des hommes armés et équipés de gilets pare-balles et casques lourds

Cette visite du président Vucic à Raska est, à l’heure où cet article est mis sous presse, le dernier épisode d’une escalade des tensions entre Belgrade et Pristina. Elle faisait directement suite à un nouvel épisode de violences antiserbes au Kosovo, qui a vu la police spéciale – qui a déjà bien entamé sa transformation en une armée, avec l’aide des USA – investir de force la partie nord du Kosovo, majoritairement serbe, pour mener « une opération de lutte contre la contrebande ». Principale cible de cette opération : les pharmacies du secteur, dont le réapprovisionnement était particulièrement délicat depuis plusieurs mois en raison d’un blocus imposé par Pristina. Ces pharmacies ont donc été envahies par des hommes armés et équipés de gilets pare-balles et casques lourds. Échaudés par une provocation du même genre la semaine précédente, les Serbes du Nord ont immédiatement réagi et bloqué les routes. S’est ensuivie une journée d’échauffourées qui ont fini dans certains endroits en véritables affrontements et se sont soldées par la mort d’une femme serbe asphyxiée par les lacrymogènes lancés devant sa maison, ainsi que par plusieurs blessés par balles, la police ayant fini par tirer sur la foule.

Lire aussi : Pays perdu : Le martyre du Kosovo

Lors de l’épisode précédent, l’ambassadeur de Russie à Belgrade, Alexander Bocan Kharchenko, s’était rendu à la frontière, au plus près des tensions, et Chen Bo, ambassadeur de Chine à Belgrade, avait rencontré le président Vucic pour l’assurer du soutien de son pays. Deux éléments qui pourraient expliquer la clarté des propos du pré- sident Vucic, qui se sait maintenant soutenu face à l’Ouest et aux États-Unis.

Où cela finira-t-il ? Si la possibilité d’une guerre ouverte Serbie-Kosovo reste pour le moment peu probable, il est clair que la situation est en train d’évoluer rapidement dans les Balkans, qui pourraient redevenir le point de fixation d’un conflit larvé entre l’Ouest et l’Est.

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