La candidature Zemmour bat de l’aile, et les déboires s’enchaînent : retrait de l’appui financier de Charles Gave, baisse dans les sondages, conditionnement du soutien de Jean-Frédéric Poisson à un accord sur la ligne et absence de Philippe de Villiers dans le public dimanche. S’y ajoutent l’épilogue inélégant de sa visite marseillaise, et d’autres défections comme celle très médiatisée de Pierre Meurin, jusqu’alors proche conseiller du polémiste. Sans oublier l’épisode Closer, qui passe mal auprès de son public filloniste attaché aux valeurs traditionnelles.
Cette semaine encore, la déclaration de candidature va laisser des traces, sur fond de contentieux juridique lié aux droits d’auteur des extraits utilisés dans la vidéo de candidature, et d’insulte envers Gilles Bouleau à l’issue d’une interview dont on ne sait quoi penser.
Lire aussi : Reportage : Michel Barnier en mode terroir
Pas un homme politique, pas bien conseillé, pas les ralliements annoncés : derrière ces accusations revient systématiquement le procès en immaturité politique, étendu à la jeune équipe autour du candidat. La mue présidentielle tarde.
« Que nous réserve-t-il le 5 décembre ? En a-t-il encore sous la pédale ? » Autant de questions que doivent se poser les soutiens d’Éric Zemmour, certains qu’il est forcément arrivé jusque-là avec un plan pour la suite. Rien n’est moins sûr à regarder l’état de l’équipe à ce moment du match. Marine Le Pen ne s’y trompe pas, qui l’« appelle à se rassembler » dans un baiser de la mort au plaisir mal dissimulé. Il y a donc urgence qu’advienne « la rencontre entre l’homme et son peuple ».
Il est pourtant aisé de sonder les attentes de ses supporters après l’annonce formelle d’une candidature ce mardi. La présentation d’une structure tout d’abord, avec l’officialisation d’un parti. On murmure que c’est le sort destiné aux Amis d’Éric Zemmour, dont il prendrait la tête. Une équipe ensuite, à l’échelon national et local, avec le maillage nécessaire pour soutenir le candidat jusqu’à avril 2022. Puis des ralliements de poids, preuves qu’il ne s’agit pas là d’une cavalcade solitaire. Un programme enfin, et surtout, qui marque la transition du diagnostic aux solutions, et le passage à l’homme d’État. Des points absents du site de campagne mis en ligne au même moment que l’annonce de candidature.
La présentation d’un programme en particulier offre au polémiste l’opportunité de faire la jonction entre les deux principaux sujets d’inquiétude des Français : le pouvoir d’achat et l’immigration
La présentation d’un programme en particulier offre au polémiste l’opportunité de faire la jonction entre les deux principaux sujets d’inquiétude des Français : le pouvoir d’achat et l’immigration. La ligne de Zemmour étant bien connue, l’enjeu est désormais d’en décliner les facettes en propositions tangibles, portées vers l’avenir. De ce point de vue, le thème de la solidarité nationale présente un angle audible pour la France des Gilets jaunes, tout en s’inscrivant dans le cadre plus large des conséquences d’une immigration non-maitrisée. Quoi qu’il en soit, après la saturation monothématique des dernières semaines, le candidat n’a d’autre choix que d’élargir la palette programmatique.
Villepinte sera t-il le coup d’envoi ou le crépuscule d’une campagne à peine lancée ? Réponse dans les prochains jours d’une semaine à haute tension, qui verra le nouveau prétendant à l’élection suprême encadrer par ses annonces la désignation du candidat des Républicains, dont le profil profitera ou affaiblira l’avenir du polémiste.





