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Chauds les marrons !

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Publié le

3 décembre 2021

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Les décorations et marchés font leur retour dans nos villes et nos campagnes. Aucun doute, Noël approche avec sa ribambelle de gourmandises. Parmi elles, la plus célèbre : les marrons chauds, synonymes des fins d’années festives.
marrons

On trouve, dans plusieurs régions de France, des terres de castanide. Des sols granitiques, acides, pentus, dur à travailler. Des sols froids dans des climats froids et rugueux. Des régions pauvres, loin des plaines de froment et de bonnes céréales. Dans ces régions, en Bretagne, Corse, Limousin, Ardèche, le châtaignier seul pousse. Un arbre dur à la peine, qui offre son bois pour la construction des maisons et des meubles et ses châtaignes, pour la nourriture des hommes et des cochons. Bienvenue en terre de castanide. Au XXe siècle, le châtaignier a failli disparaître, devenu inutile tant pour son bois que pour sa farine, dont la population a fini par se lasser. Puis, redécouvert, apprécié de nouveau, il a sauvé sa tête et poursuivi son histoire.

Dans les campagnes, on ramasse les châtaignes et, dans les villes, on les grille au coin des rues quand retentit de nouveau ce cri de « Chaud les marrons ! »

La châtaigne tombe tout au long de l’automne, protégée dans sa bogue de piquants. Le marron d’Inde offre des occasions de jeux dans les cours de récréation, ses fruits se faisant munitions des guerres enfantines. Dans les campagnes, on ramasse les châtaignes et, dans les villes, on les grille au coin des rues quand retentit de nouveau ce cri de « Chaud les marrons ! ». Grillée, bouillie, séchée, la châtaigne peut se consommer de nombreuses façons. En farine aussi, mêlée à du froment ou du seigle, pour produire des pains durs et nourrissants, riches en fibre et en protéine.

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Dans une grande poêle en fer tressé, remplie de châtaignes, posée au-dessus du feu afin que les flammèches viennent lécher les coques, les roussir, les craqueler, les faire exploser, s’accomplit la tradition ancienne de la fête des châtaignes. Ce sont les fruits de l’automne, le moment des raisins, du vin nouveau, des champignons et des premières chasses. Une époque de couleurs dorées et orangées, où le jour baisse, où le feu croît dans les cheminées. Lyon a sa fête séculaire de la vogue des marrons, dans le quartier de la Croix-Rousse. Forains et jeux s’installent le long du boulevard, autrefois saltimbanques et musiciens de rue. C’est la fête des châtaignes, vendues grillées sur le boulevard, autrefois accompagné de vin blanc. Les marrons viennent essentiellement de l’Ardèche, dont Privas est le chef-lieu, là où Clément Faugier eut l’heureuse initiative de perfectionner la crème de marrons. Une nourriture riche, lourde parfois, dont il ne fait pas abuser. Comme tout ce qui contient du sucre, la châtaigne se distille, produisant différentes liqueurs vendues sur les étals et lors des vacances. Des boissons typiques créées il y a quelques décennies pour répondre à la vogue du tourisme. Le touriste peut aussi servir à maintenir voire à créer des traditions. Le châtaignier est donc toujours là, vivace. Un cousin d’Inde orne les jardins et les rues, quand bien même ses fruits ne sont pas comestibles et même si une maladie s’en prend à ses feuilles. On redécouvre les vertus des meubles en châtaignier et la joie de faire sauter les coques au-dessus du feu, et de céder à la gourmandise de se brûler les doigts par les marrons trop chauds.

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