L’assassinat de Samuel Paty est une tragédie aussi impensable qu’impensée, comme le montrent Didier Lemaire et David Di Nota dans leurs deux essais parus cet automne. Lettre d’un hussard de la République de Didier Lemaire (Robert Laffont), témoignage poignant de la progression islamiste en France, débute en 2005 avec les émeutes en banlieue et se conclut en 2020 le jour de l’attentat. J’ai exécuté un chien de l’enfer – rapport sur l’assassinat de Samuel Paty, de David Di Nota (Le Cherche Midi), part de l’assassinat et scrute l’enquête de l’Inspection Générale de l’Éducation à la lumière de ce qui s’est réellement passé les onze jours précédant l’égorgement. Ce document ahurissant rapporte avec minutie les verbatim des uns et des autres (l’élève affabulatrice, l’islamiste, le référent laïcité etc.) et donne la mesure de « ce phénomène peu étudié! : non pas le “vivre ensemble” mais le “mourir seul”. »
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Didier Lemaire a enseigné la philosophie dans un lycée de Trappes pendant vingt ans. David Di Nota a été professeur de français dans un lycée technique. Il est docteur en sciences politiques, essayiste et romancier.
Leurs diagnostics se rejoignent sur l’incurie des gouvernants. Ils rendent compte aussi de la maestria avec laquelle les Frères musulmans utilisent les outils des démocraties occidentales.
Comme l’écrivait Pascal Bruckner : « Une partie de l’Islam se radicalise non parce qu’il s’éloigne de nous mais au contraire parce qu’il se rapproche de l’Occident ! : aucun choc des civilisations mais au contraire leur convergence violente. » (La Tyrannie de la pénitence, Grasset, 2006).
Une partie de l’Islam se radicalise non parce qu’il s’éloigne de nous mais au contraire parce qu’il se rapproche de l’Occident !
Pascal Bruckner
Lemaire est de gauche mais pas de celle qui drague « le prophétariat » comme il dit. La farce politique n’en finit pas de l’étonner. Quand Jean-Michel Blanquer, interrogé par Sonia Mabrouk le 25 octobre sur Europe 1, accuse Di Nota de « faire scandale à partir de rien », ce dernier ne commente pas, sûr de son fait et soucieux de demeurer en dehors de l’arène politique.
Lemaire est cinéphile, photographe à ses heures. Di Nota a été danseur à l’Opéra de Paris dans la Compagnie de Rudolf Noureev. Ni l’un ni l’autre n’était destiné à croiser le fer. Mais ni l’un ni l’autre n’a hésité une seule seconde. Ils ne veulent pas de l’obscurantisme frériste. C’est tout.


240 p., 18,50€





