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Enquête : le FORIF, dernière trouvaille de la gauche pour infiltrer l’islam en France

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Publié le

11 janvier 2022

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Le Conseil français du culte musulman (CFCM), création sarkozienne et interlocuteur des pouvoirs publics depuis 2003, est paralysé depuis un an. Le gouvernement a fait savoir le 6 janvier qu’il entend le remplacer par le Forum de l’islam de France (FORIF). Qu’est-ce que ce nouvel organe représentatif et quels sont ses réseaux ? Enquête.
mosquée Lyon

À l’inverse du très formel CFCM, miné par des querelles nationalistes et idéologiques, le forum serait une enceinte ouverte et participative. Il serait articulé autour de quatre axes : la gestion des aumôniers musulmans (dans les hôpitaux, armées et prisons), la formation des imams et autres cadres associatifs musulmans, l’application des règles du droit canonique islamique dans le respect de la loi du 24 août 2021 confortant « le respect des principes de la République », et enfin le recensement des actes antimusulmans. À ce sujet, Mohamed Louizi a publié sur son site un excellent article sur les enjeux du FORIF. M. Louizi est un ingénieur franco-marocain, qui se qualifie « d’humaniste de foi musulmane ». Avec courage, il milite pour un islam apolitique et débarrassé de l’islamisme.

Il nous rappelle que le CFCM était mort-né, car l’État avait assis les intégristes à sa table, à commencer par les Frères musulmans, et qu’il avait instauré, entre autres règles absurdes, une représentativité des différentes branches du Conseil, liée à la superficie en mètres carrés de leurs mosquées. On apprend aussi que, pour le FORIF, Gérald Darmanin « pense s’appuyer sur l’expérience lyonnaise, jugée “satisfaisante”». Il s’agit de la mosquée de Lyon et de ses structures, pilotées par Kamel Kabtane, « vieux briscard algérien de la cause islamique en France ».

Lire aussi : Enquête : la Présidence française du Conseil de l’UE

Ce dernier a mis en place un système, cofinancé par des puissances étrangères, comme la Ligue islamique mondiale, organisation saoudienne destinée à la propagation du salafisme dans le monde. Le système lyonnais est « frériste », au sens où il est global. Il ne s’agit pas seulement d’un simple lieu de culte avec une mosquée, mais d’ « un lieu qui inspire la vision globalisante d’une religion qui […] serait un mode de vie, une culture et une civilisation ». Le tout s’inscrit dans le cadre d’une stratégie « visant la conquête de l’Occident par des moyens complémentaires aux moyens jihadistes ». Ils consistent à présenter l’islam sous les traits d’une civilisation millénaire, brillante, de paix et d’amour. C’est cette stratégie qui séduit l’exécutif de gauche depuis dix ans.

Les structures de la mosquée de Lyon peuvent inviter des prédicateurs radicaux étrangers à parler en faveur de la charia, elles peuvent être inscrites par le Pentagone américain sur la liste des sites utilisés par Al-Qaïda pour « recruter, aider et entraîner ses militants », elles n’en sont pas moins couvertes de subventions et d’honneur. Kamel Kabtane et plusieurs commensaux ont reçu la Légion d’honneur sous François Hollande. Après l’attentat de Charlie Hebdo, ils ont condamné le massacre autant que les victimes, accusées d’avoir joué aux « pompiers pyromanes ». Leur grand écart s’est appliqué à la liberté d’expression qu’ils ont défendue, tout en précisant que « l’humour ne doit pas aborder les symboles forts de la religion ». Ils ont aussi défendu Tariq Ramadan, accusé de nombreux viols mais « intellectuel de renom, reconnu et respecté au sein des musulmans de France », et refusé de signer en janvier 2021 la « Charte des principes de l’islam » tant voulue par Darmanin. Heureusement, ils avaient appelé à voter Macron au deuxième tour de 2017.

Cette « expérience lyonnaise » qui intéresse le gouvernement n’est que la mâchoire modérée, articulée avec le djihadisme, d’une tenaille ayant vocation à « arracher à la France, à terme, sa civilisation, sa culture, ses symboles, son mode de vie et sa liberté »

La gauche aime bien Kabtane et ses amis. En 2013, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a rompu le jeûne du Ramadan dans leurs locaux. En 2016, c’est le Premier ministre Bernard Cazeneuve qui a posé la première pierre de leur institut de formation. Et c’est le ministre de l’Intérieur Christope Castaner qui l’a inauguré en 2019, à côté de Mohamed ibn Abdelkarim al-Issa, le secrétaire général de la Ligue internationale musulmane saoudienne. Mohamed Louizi rappelle dans son article que la thèse de doctorat de ce dernier appelle à faire couler le sang des apostats. L’institut inauguré par Castaner a également reçu des fonds de l’Algérie. C’est en raison de l’immixtion d’États étrangers dans ce dossier que la région, présidée par Laurent Wauquiez, a refusé d’accorder à l’institut la moindre subvention.

Cette « expérience lyonnaise » qui intéresse le gouvernement n’est que la mâchoire modérée, articulée avec le djihadisme, d’une tenaille ayant vocation à « arracher à la France, à terme, sa civilisation, sa culture, ses symboles, son mode de vie et sa liberté ».

On ne pourrait pas mieux dire.

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