Au sein de l’UE, le pouvoir législatif est détenue partie, sinon ce serait trop simple, par le Parlement. Le judiciaire se trouve aux mains de la Cour de Justice. Il reste l’exécutif. C’est là que l’Union devient artistique. Dans une organisation normale, l’administration obéit. Ici, elle détient une partie du pouvoir sous le nom de Commission européenne. L’autre partie appartient au Conseil européen, qui réunit les chefs d’État des pays membres. Ce conseil définit les grandes orientations et les priorités générales. Pour leur mise en œuvre, il faut voir avec la Commission et le Conseil de l’UE.
Cette dernière enceinte réunit les ministres. Elle sert à mettre de l’huile dans les rouages dans une dizaine de domaines. Il s’agit d’organiser des réunions, élaborer des compromis ou encore veiller à la cohérence et à la continuité du processus de décision. Techniquement parlant, le Conseil de l’UE dispose aussi d’une fraction du pouvoir législatif avec le Parlement. Tous les six mois, la présidence de ce conseil des ministres change. Du 1er janvier au 30 juin 2022, les Français le piloteront.
Pour 2022, vous serez heureux d’apprendre que l’État a déjà dépensé 46 millions et qu’il a prévu de dépenser encore 102 millions
Pour cela, la France dispose d’une représentation permanente auprès de l’UE (RPUE). En temps normal elle emploie plus de 220 personnes. Un rapport sénatorial de septembre 2019 estimait le salaire net moyen d’un diplomate français en poste à l’étranger à 8 845 euros. Pour obtenir un coût chargé, multipliez par deux, soit 17 690 euros. La RPUE coûte donc dans les 4 millions par an. Une paille à côté de ce que la France a commencé à dépenser pour la présidence du Conseil.
En 2008, le coût de la présidence française de l’UE (PFUE) s’était élevé à 151 millions. La Cour des Comptes avait étrillé la PFUE, en mentionnant notamment que son budget n’incluait pas les dépenses de sécurité, que la présidence française avait coûté en moyenne deux fois le prix des autres présidences tournantes, qu’il y avait eu beaucoup trop d’événements (489, dont 328 séminaires, 25 réunions interministérielles et 9 sommets internationaux), et que personne ne s’était posé la question de leur retour sur investissement.
Pour 2022, vous serez heureux d’apprendre que l’État a déjà dépensé 46 millions et qu’il a prévu de dépenser encore 102 millions, soit 3 millions d’économies par rapport à 2008. Toutefois les dépenses de sécurité ne sont pas comptées et, pour le moment, 494 évènements sont prévus, sans que qui que ce soit n’ait évoqué leur retour sur investissement. On reprend les mêmes et on recommence. Et ce n’est pas le plus grave car la France a bâti un programme qui comprend des dizaines d’événements parfois absurdes, si ce n’est carrément woke.
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Ainsi, le 1er janvier débutera le projet « Eden Europa » : des gens vont danser dans des jardins au son d’instruments de musique. On voit mal comment cela pourrait faire avancer le schmilblick. Côté woke cela partira fort avec une conférence le 27 janvier pour harmoniser le droit européen contre les « discours et infractions de haine ». Le 28 janvier, ce sera une réunion informelle du groupe de haut niveau sur l’intégration du genre. Le 31 janvier, encore une conférence, cette fois-ci sur « l’autonomisation économique des femmes, clef de l’égalité des droits ». La cause féministe aura droit à un séminaire en mars, quelques jours avant celui en faveur de l’égalité des genres. Enfin, les violences faites aux femmes seront traitées en juin. De leur côté l’environnement et le climat vont bénéficier d’une bonne dizaine d’événements. Le seul sujet qui donne lieu à plus d’événements que l’écologie est la défense, ce qui est mauvais signe pour la pérennité de nos capacités.





