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Affaire Blanquer : mais qu’allait-il faire à Ibiza ?

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Publié le

20 janvier 2022

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Alors qu’il présentait le nouveau protocole sanitaire pour les professeurs ayant déclenché des manifestations dans toute la France, on a appris que Jean-Michel Blanquer était en réalité en vacances pour quelques jours à Ibiza. Une maladresse ? Assurément. Un scandale politique ? Certainement pas.
Blanquer

On ne savait pas le ministre Blanquer si apprécié. Dénonçant la polémique de son week-end, c’est à qui rend hommage, dans la foulée, à un ministre qui se serait attaqué, sabre au clair, aux problèmes de l’Éducation nationale. Du travail de titan accompli en cinq ans – le point d’orgue étant sa présence au colloque, à la Sorbonne, consacré à l’idéologie woke régnant depuis des années. Mieux, on a loué la liberté de pensée – et de mouvement, hors les murs – du ministre, qui témoigne de son indépendance vis-à-vis de Véran. Ce week-end n’était en rien une fuite à Varenne mais un repos bien mérité ! Et puis, les modalités du passe sanitaire étaient réglées et annoncées par le biais d’un quotidien : Le Parisien.

Alors, qu’allait-il faire, à Ibiza, en hiver ? Les adversaires de Blanquer demandèrent… sa démission ! Un ministre ne devrait pas faire ça ! Blanquer a reconnu sa « maladresse ». La vérité est que Jean-Michel Blanquer, amoureux de la garrigue, des pinèdes et de la littérature, avait parfaitement le droit de vouloir retrouver, à contre saison, les sensations d’une jeunesse, évoquées par Camus dans son roman, l’Envers et l’endroit, dont l’action se situe à Ibiza : « J’avais envie d’aimer comme on a envie de pleurer…» Et même, il n’aurait pas dû s’excuser d’être à Ibiza.

Lire aussi : Les hommes politiques ont-ils une vie privée ?

Les médias ont dénoncé une presse de caniveau. Certes, mais le climat français est révolutionnaire. En témoigne la danse des ventres de militants devant le ministère, hier, pareille aux jeux fescennins, dans la Rome antique. Des polémiques constantes saturent l’espace médiatique. Macron devait-il saluer, pour la commémoration de la victoire de 14/18, « le grand soldat que fut Pétain » ? Ne doit-on pas condamner pour discrimination, Zemmour, qui entend revenir à la loi de Bonaparte sur les prénoms – quand on connaît les recommandations de la Commission européenne à propos des prénoms chrétiens ? Et, est-il bien conforme à la déontologie que la femme de Jean-Michel Blanquer se dédouble pour parler, à i24 News, de l’affaire d’Ibiza, où elle était partie prenante ? Tout le monde dit : oui, c’est normal ! On est femme de ministre et, en même temps, journaliste ! Le soir, le ministre ne demande-t-il pas si c’est à la femme ou à la journaliste qu’il parle ? Reconnaissons, en tout cas, dans cette séquence télévisée un comique de situation sans pareil.

On peut trouver regrettable l’absence du ministre, la veille d’une manifestation des professeurs. Inacceptable, sa communication via Le Parisien. Mais crier au scandale pour cette polémique est exagéré. Tout comme est excessive cette distinction appuyée, artificielle, entre vie privée et publique comme si « le corps du Roi » était dédoublé en permanence. Et tout autant exagérées, les vertus dont on pare un ministre qui n’a pas été un foudre de guerre mais un roi mollasson du « en même temps ». Le spécialiste du frein et de l’accélérateur. Quant à laisser l’école ouverte, durant la pandémie, franchement, c’était la moindre des choses.

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