C’est cool ! Depuis le début de cette pré-campagne présidentielle, on ne parle que du Grand Remplacement. J’avoue ne pas comprendre où est l’originalité de la pensée de Renaud Camus. Car ce Grand Remplacement, c’est très exactement ce que les puissances coloniales ont fait dans quantité d’endroits ! Cela s’est appelé les « colonisations de peuplement » en français et en anglais « the plantations ». Des colonisations de peuplement, la France en a mis en place en Algérie et en Nouvelle-Calédonie principalement. Elle a essayé plusieurs fois en Corse (la dernière fois en 62 avec les rapatriés d’Algérie, la célèbre clémentine corse est d’ailleurs le fruit de cette tentative) mais le Corse est décidément trop cagoulou. La Grande-Bretagne, de son côté, a commencé au XVIe siècle en Irlande et a fini par se retrouver acculée dans les six comtés du Nord.
Je n’aborde pas ici les colonies australiennes, sud-africaines, canadiennes, québécoises (les « Français d’Amérique du Nord » devenus « Francophones d’Amérique du Nord »), israéliennes, ottomanes, russes, caribéennes, etc.
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Les colonies de peuplement exotiques ont été organisées par les gouvernements européens. Le Grand Remplacement, lui, n’est orchestré par personne. Il est juste un effet d’aubaine pour certaines organisations supra-étatiques genre Soros et surtout le fruit du laisser-aller, de l’impuissance, de l’akouabonisme et des erreurs calinourso-historiques genre regroupement familial de 76. En fait, le Grand Remplacement se rapprocherait plus des lentes colonisations de peuplement de l’Afrique du Sud par les Boers et du Kosovo et Métochie par les Albanais. Sans réelle organisation. Par poussées. « Tout doucement », comme dirait Bibi. Au début, il y en a un et puis hop on se retourne, il y en a mille !
Avec toutes ces colonisations de peuplement, des « nouveaux peuples » se créent. Composés des colons les plus anciennement arrivés. Ceux qui ont, pour ainsi dire, rompus avec leur pays d’origine. C’est le cas des Boers d’Afrique du Sud mais aussi des Caldoches de Nouvelle-Calédonie. En Nouvelle-Calédonie, il faut se rappeler qu’en 1983 les Kanaks ont fait l’énorme concession de reconnaître les Caldoches comme des « victimes de l’Histoire », acceptant par la même de les intégrer à leur avenir en partageant leur droit à l’autodétermination. Les dits Caldoches acceptant, de leur côté, que les Français arrivant en Nouvelle-Calédonie n’aient aucun droit de regard sur ce pays. D’où le fameux « gel du corps électoral » qui dit que seules les personnes installées sur le Caillou avant la fin novembre 1994 et leurs descendants peuvent voter pour son avenir institutionnel. Les autres étant des « Français étrangers » qui n’ont pas leur mot à dire. En Nouvelle-Calédonie, il y a donc trois catégories de personnes : les Kanaks, les Caldoches et les Français. Il était temps que ce « gel » arrive, remarquez, car les Kanaks représentent aujourd’hui la moitié du corps électoral ! En un peu plus d’un siècle et demi, la population originelle de la Nouvelle-Calédonie aura été remplacée de moitié. Pas mal !
En un peu plus d’un siècle et demi, la population originelle de la Nouvelle-Calédonie aura été remplacée de moitié
Pas mal mais beaucoup moins performant que la colonisation de peuplement de Seine Saint-Denis qui aura fait la même chose en moins de cinquante ans. L’islam peut aussi être performant ! Car ce long rappel historique doit nous interroger sur la question des « Europafricains », ce « nouveau peuple de Seine Saint-Denis et lieux circonvoisins ». Constitué d’individus qui ont plus ou moins coupé tout lien avec leur pays d’origine sans pour autant s’intégrer dans leur pays d’adoption, jusqu’à développer une culture propre. Que faire d’un gamin de la troisième ou quatrième génération en pleine phase de « désintégration » ? Qui porte la djellaba ou le foulard sans parler le moindre mot d’arabe parce qu’il est né en France comme ses parents et la majorité de ses grands-parents ? Le renvoyer dans son pays ? Mais lequel ? Si les grands-parents sont tous d’origines différentes ? Parce que c’est très exactement le cas de milliers de jeunes aujourd’hui. Métissés de partout. Corniauds des cocotiers. Moitié algériano-marocano-sénégalo-portugo, totalement rien.
La colonisation de peuplement que nous subissons est donc un problème beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît car la « remigration » sera impossible à mettre en œuvre pour ce « nouveau peuple » qui a fait souche en France. Inexpulsable faute de pays d’origine clair et en même temps inassimilable car complètement dés-intégré. « Nouveau peuple », différent des pays d’origine et différent du pays d’adoption. Et dans nos banlieues, c’est ce « nouveau peuple » qui est en gestation, voire qui est déjà largement né. Et qui ne comprend même pas qu’on ne les considère pas comme « Français à part entière » tout en étant volontairement « entièrement à part ».
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La situation française ressemble en vérité plus à ce qui prévaut en Afrique du Sud mais à l’envers. Ainsi l’ancienne minorité afrikaner (minorité dans la minorité blanche) cherche à préserver sa singularité tout en étant inexpulsable faute de pays d’origine clairement identifié (l’apport néerlandais étant largement dilué dans un mélange de huguenots, de Scandinaves, d’Allemands et de Portugais). Du regroupement stratégique dans certaines provinces aux projets de volkstaats séparés, les Afrikaners cherchent toujours leur avenir africain.
Un jour, nous serons confrontés à la même situation avec nos Africains d’Europe. Les immigrés syriens, afghans ou sénégalais les plus récents seront remigrables, mais les Europafricains ? Faudra-t-il leur prévoir un territoire à eux ? Un « séparatisme europafricain » organisé par nous-mêmes ? Cela paraît inéluctable, mais si ça marche ce sera déjà un miracle pour nous.





