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[Portrait] Erga : rencontre vers le futur

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Publié le

28 février 2022

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Alors que les présidentielles approchent et que les réseaux sociaux sont envahis par la bien-pensance, certains influenceurs assument pleinement leurs positions, Erga est l’une d’entre eux.
©Benjamin_de_Diesbach-1-scaled

A 26 ans, Erga a commencé à faire son trou dans la sphère des influenceurs patriotes : ses comptes TikTok et Instagram comptent tous deux une quinzaine de milliers d’abonnés, qu’elle régale de pastilles humoristiques (dont les hilarantes LV2 Gauchisme, dans les- quelles elle traduit les expressions gauchistes en vernaculaire droitard), mais aussi de reprises, de chants militaires, tel que « La Strasbourgeoise », ou de chansons populaires modernes.

Rien ne destinait Erga à devenir une figure patriote : si elle ne vient pas de découvrir ses idées, elle évoluait auparavant dans un milieu peu amène envers ceux qui luttent contre la destruction de la France : « J’ai grandi dans un milieu patriote, j’ai eu une éducation traditionnelle, de droite, clairement, je n’ai pas eu de redpill, mais j’ai par la suite évolué dans le milieu artistique, musical. De mes 13 à mes 23 ans, je faisais des concerts dans des salles, des bars, avec ma guitare », nous révèle-t-elle. Mais voilà, la culture est un domaine que la gauche considère comme son pré-carré, et toute personne ayant des idées nauséabondes doit les cacher, sous peine d’être ostracisée.

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« À un moment, j’en ai eu marre. Du jour au lendemain, j’ai décidé de l’ouvrir et de dire ce que je pensais et partager mes idées ». C‘était il y a un an. Et comme de nombreux jeunes, Erga semble avoir moins peur d’afficher ce qu’elle pense, même si c’est à contre-courant de la doxa, que certaines générations qui l’ont précédée, qui ont bien souvent appris à leur dépens qu’assumer d’être de droite ne se faisait pas sans sacrifices.

« Je pense qu’il y a une libération de la parole depuis un an ou deux. Et les uns entraînent les autres. Plus nous sommes nombreux à oser prendre la parole, plus cela donne envie aux autres, qui se taisaient jusqu’alors, de se lever », nous souffle-t-elle.

Mais tout de même, si la parole est plus libre, la liberté se paie toujours. Ce qui n’a pas l’air de gêner Erga outre mesure : « Je me suis mise à l’écart de certains milieux, ce qui m’a sûrement fermé des portes artistiques », explique-t-elle, avant d’enchaîner sur une note positive : « J’ai fait des rencontres que je n’aurais jamais faites avant, je commence à être reconnue, et les portes qui me sont fermées ne me dérangent pas : j’en ouvrirai d’autres, qui seront sûrement mieux ».

« Je crois à 100 % qu’il peut gagner. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir à mon humble échelle pour que ça marche, et j’y crois »

Erga

Et qui dit influenceuse politique, dit campagne présidentielle. Elle a fait son choix sans hésiter : « Je soutiens à fond Éric Zemmour ». Et pas de calcul politique chez elle : elle est persuadée que la victoire est possible, et que la candidature de l’ancien journaliste n’est pas là que pour ouvrir la fenêtre d’Overton. « Je crois à 100 % qu’il peut gagner. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir à mon humble échelle pour que ça marche, et j’y crois », assène-t-elle.

Et si elle ne croit pas en Dieu, ou qu’elle ne l’a en tout cas pas encore trouvé, Erga est tout de même attachée, comme son candidat, aux racines chrétiennes de la France. « J’ai été baptisée, je suis de tradition chrétienne, mais je n’ai pas de foi. Cependant, les valeurs chrétiennes sont des valeurs auxquelles je crois, et que je défends, car il s’agit de notre héritage », explique-t-elle.

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Originaire de Toulouse, berceau du cassoulet et de Mohammed Merah, Erga a survécu dans cette ville islamogauchiste en se taisant, même s’il y a « un bon milieu de droite », qu’elle ne connaissait pas à l’époque. Et si des médias comme TikTok ou Instagram peuvent être vus comme risibles par une partie de la droite (dont votre serviteur, qui n’y comprend pas grand-chose), ils restent utiles pour toucher toute une génération qui comprend instinctivement la déréliction de notre société, mais a besoin d’être aiguillée. Or ces personnalités de réseaux peuvent être une porte d’entrée vers des horizons plus formateurs, tels que l’IFP, l’Institut de Formation Politique, où Erga compte d’ailleurs s’inscrire sous peu. « Pour moi, il faut utiliser tous les moyens à notre disposition, notamment les réseaux sociaux, qui sont très jeunes. On peut toucher ce public par l’humour, la musique, le lifestyle, comme on dit », avant de leur proposer une pensée plus construite et plus complexe. La croisade des réseaux sociaux est lancée, la droite arrivera-t-elle maintenant à reconquérir la Jérusalem numérique ?

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