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[Portrait] Aliette Espieux : la vivante

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Publié le

14 février 2022

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La rayonnante Aliette Espieux est depuis deux ans déjà la porte-parole de la Marche pour la vie. Malgré l’enthousiasme de sa jeunesse, elle prend ses responsabilités avec un sang-froid qui suscite l’admiration.
Aliette_Espieux©

Dimanche 16 janvier avait lieu la Marche pour la Vie, manifestation annuelle anti-avortement, qui se tient depuis plus de dix ans afin de protester contre la loi Veil et ses conséquences désastreuses sur la femme et l’enfant. C’est dans l’effervescence des préparatifs de cette action qu’Aliette Espieux, 22 ans et nouvelle figure de la mouvance pro-vie, nous reçoit.

Originaire des abords de Carpentras, « la plus belle région du monde » selon ses dires, Aliette est la benjamine d’une fratrie de treize enfants. Son éducation n’est pas étrangère à la lutte anti-IVG qu’elle mène aujourd’hui : issue d’un milieu catholique, elle a eu « la chance d’être élevée par des parents qui portaient un amour inconditionnel à la vie ». Elle admire particulièrement sa mère – sans pour autant en oublier son père – pour son sacrifice quotidien pour ses enfants.

Elle admire particulièrement sa mère – sans pour autant en oublier son père – pour son sacrifice quotidien pour ses enfants.

C’est au cours d’une enfance guidée par la foi et les bonnes mœurs qu’Aliette nourrit les prémices de son engagement contre l’avortement. « Quand j’avais six ans, mes parents nous avaient emmenés au Rosaire pour la Vie, organisé par Xavier Dor. C’est là-bas que j’ai eu un véritable déclic », explique-telle. De fait, alors qu’elle suit le Rosaire avec sa famille, des contre-manifestants d’extrême gauche attaquent le cortège et menacent devant ses yeux une femme et son bambin : « C’était atroce. Dans ma tête de toute petite fille, je me suis dit que des personnes voulaient tuer des bébés ». Au fil du temps, elle mûrit cette réflexion, et se rend compte que l’avortement n’est pas différent de l’agression dont elle fut témoin, quoi qu’en disent ses défenseurs.

Frédéric, un des frères d’Aliette, bénévole dans des associations pro-vie, l’introduit progressivement dans le milieu militant, et l’amène pour la première fois à une Marche pour la Vie. « Il m’a fait découvrir un monde plein d’espérance, qui défend les enfants contre les assauts qu’ils subissent aujourd’hui », raconte-t-elle. Alors qu’elle entre dans l’adolescence, elle a déjà des passions peu communes aux jeunes de son âge, puisque « [ses] stars étaient Jérôme Lejeune ou encore Jean-Marie Le Méné ». Sa rencontre avec ce dernier fut l’un des moments les plus heureux de sa vie : « J’avais l’impression d’être au paradis avant l’heure ». De fil en aiguille, elle grimpe les échelons au sein des associations qu’elle soutient, et occupe ainsi depuis un an et demi la fonction de porte-parole.

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Malgré cet aspect « bon chic bon genre », Aliette Espieux répugne à la mondanité exacerbée qui caractérise parfois les milieux chrétiens actuels. Au collège, ses parents la placent en pension hors-contrat catholique afin qu’elle fréquente des gens censés lui ressembler. Mais elle estime que la majorité des jeunes de sa promotion ne correspondent pas à son idéal et à sa vie engagée hérités de sa famille. Elle se lie ainsi d’amitié avec des « filles qui tapaient dans le réel », sans se soucier du milieu dont elles étaient issues. Aujourd’hui encore, loin de ses jeunes années rebelles, elle ne mâche pas ses mots envers ces « cathos bourgeois mous », comme elle aime à les désigner : « Ils ne se bougent pas, ils vivent dans leur milieu, dans leur velours et dans leurs tasses en argent, c’est quelque chose qui m’horripile. C’est très bien d’être catholique, mais quand les valeurs de la foi sont attaquées, s’il n’y a plus personne pour les défendre, à quoi bon se revendiquer chrétien ? »

« C’est très bien d’être catholique, mais quand les valeurs de la foi sont attaquées, s’il n’y a plus personne pour les défendre, à quoi bon se revendiquer chrétien ? »

Aliette n’hésite pas non plus à dénoncer l’inaction de certains membres du clergé français devant l’IVG qui se banalise toujours plus. Même si elle est consciente qu’ils encouragent sans nul doute son combat, elle regrette que l’accompagnement de beaucoup d’entre eux ne soit que spirituel. « Il est beau et nécessaire de prier pour que nos actions ne soient pas vaines. Mais il serait encore plus beau de voir des évêques, crosses au poing, mitres au chef et crucifix au cou défiler dans les rues afin de manifester la réelle opposition de l’Église à l’avortement ». Un caractère bien trempé et sans langue de bois, somme toute.

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Il faut dire qu’être une personnalité anti-IVG de nos jours nécessite une vraie force intérieure. Elle subit régulièrement les menaces d’antifas, et notamment sur le campus de Lyon III, où elle suivait des cours de philosophie jusqu’à l’année dernière. Elle continue actuellement dans cette voie puisqu’en dehors de ses activités à la Marche, elle étudie en double master philosophie-management. Lorsqu’elle a du temps libre, elle se plaît à aller courir, faire des « trails », afin de « renouer avec la nature » qui lui manque lorsqu’elle est trop longtemps en ville. Mens sana in corpore sano, voilà sa recette face à l’adversité, et c’est en suivant ce précepte qu’elle compte bien défendre femmes et enfants contre vents et marées.

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