Skip to content

L’Europe face à elle-même

Par

Publié le

17 mars 2022

Partage

Alors que tout est fait depuis 70 ans pour unifier l’Europe, notre civilisation, ne sachant sur quel pied danser, court à sa perte.
manif ukraine

La guerre en Ukraine, loin de fournir l’occasion à l’ambition européenne de se ressaisir, risque d’en être le chant du cygne. Ceux qui pensent que, sous l’effet du choc, l’Union européenne va sortir renforcée, plus puissante et plus unie par la crise, prennent leurs fantasmes idéologiques pour des réalités historiques. L’Europe est entrée insidieusement, à la fin du XIXème siècle, dans un processus mortifère. En 1866, après la défaite de Sadowa, l’Europe abandonne l’Empire d’Autriche-Hongrie aux appétits prussiens. Quatre ans plus tard, en 1870, l’Europe laisse la France s’effondrer militairement face aux mêmes troupes prussiennes et accepte l’unité allemande. Il en résulte alors, au cœur du continent, la formation d’un géant germanique trop fort pour être équilibré par les autres nations, mais trop petit pour parvenir à dominer sans heurt. La machine infernale de l’Histoire européenne contemporaine se trouve ainsi lancée, provoquant le cataclysme des deux guerres mondiales.

Lire aussi : Volodymyr Yermolenko : « Je crois dur comme fer en la pérennité de la nation ukrainienne »

En 1945, un nouvel ordre européen est mis en place, celui de Yalta. L’Allemagne en sort réduite, morcelée et démilitarisée. Elle reconstruira rapidement sa puissance industrielle, mais dans le cadre de la communauté européenne, sous le contrôle des Etats Unis et de l’OTAN. Cependant, depuis les années 1980, avec le dramatique déclin économique de la France, puis l’unification allemande, puis le Brexit et le retour d’une certaine forme d’isolationnisme américain, les points d’équilibres ont cédé les uns après les autres. Aujourd’hui, en réponse à l’invasion de l’Ukraine par Moscou, l’Allemagne réarme. Bientôt, officiellement ou non, elle deviendra une puissance nucléaire. La France va inexorablement perdre sa supériorité militaire, la dernière qui lui reste au sein de l’Union européenne. L’Europe compose déjà et va devoir composer encore d’avantage dans l’avenir avec les exigences de l’hégémonie germanique. Il en résultera irrémédiablement de nouvelles tensions graves, au cœur du continent. Il suffira que Berlin et ses alliés de l’Europe du nord, lassés des incuries françaises en matière budgétaire et monétaire, mettent Paris sous pression par l’intermédiaire de l’Euro et de la Banque Centrale Européenne, pour que le vrai visage des facteurs de déstabilisation et de conflits qui minent l’Europe depuis l’intérieur apparaissent au grand jour.

Notre stratégie face au conflit en Ukraine n’aboutit qu’à exciter l’un et à renforcer l’autre, tout en nous affaiblissant nous-mêmes

Par manque de courage et de clairvoyance nos gouvernants, après la chute du mur de Berlin, ont laissé se reconstituer à nos portes d’une part une Russie belliqueuse, anti-occidentale, d’autre part une Allemagne trop puissante. Notre stratégie face au conflit en Ukraine n’aboutit qu’à exciter l’un et à renforcer l’autre, tout en nous affaiblissant nous-mêmes par une politique de sanctions ruineuses que nous nous infligeons en effet boomerang, alors que nous sommes absolument incapables d’en supporter la charge et d’en payer le prix.

Ce n’est certainement pas ainsi que nous parviendrons à redonner force à notre pays, ni à notre continent. Pourtant, c’est sur cette voie historique crépusculaire que nous avançons.

EN KIOSQUE

Soutenez l’incorrect

faites un don et défiscalisez !

En passant par notre partenaire

Credofunding, vous pouvez obtenir une

réduction d’impôts de 66% du montant de

votre don.

Retrouvez l’incorrect sur les réseaux sociaux

Les autres articles recommandés pour vous​

Restez informé, inscrivez-vous à notre Newsletter

Pin It on Pinterest