À l’heure où la politique empeste l’odeur de boutique, où les clivages paraissent brouillés au point que certains tentent d’en imposer de fallacieux, le philosophe Jean-Noël Dumont a le grand mérite, dans cet essai parfaitement exécuté, de réembrasser le phénomène politique en sa pleine signification, en commençant par redonner aux mots leur sens et leur profondeur. Après une introduction érudite sur quelques fondements du politique, l’auteur se propose de « penser de l’intérieur » les profils qui précèdent les doctrines, et examine à cette fin les trois dispositions fondamentales – le socialiste, le libéral et le conservateur – auxquelles il ajoute deux manières d’être antipolitiques – l’anarchiste et le fasciste – les deux rejetant toutes institutions négociées au profit de l’affirmation d’une volonté.
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Pour chacun d’eux, de manière pédagogique, succincte et fructueuse, l’auteur pénètre le paradigme, celui-ci englobant tout à la fois une théorie de la connaissance et une anthropologie, une réflexion sur l’origine du pouvoir et sur le rôle de l’État, un rapport à la volonté et au religieux. Un seul regret: que le réactionnaire n’ait pas été distingué du conservateur. Car, disait Gómez Dávila, « si le réactionnaire ne se réveille dans le conservateur, c’est qu’il ne s’agissait que d’un progressiste paralysé ».

profils politiques de Jean-Noël Dumont
Le Centurion, 168 p., 14 €





