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Olivier Boulnois : la conversation de saint Paul

Lire les épîtres de saint Paul en philosophe: voilà le pari tenu par Olivier Boulnois dans ses conférences pour la prestigieuse Chaire Étienne Gilson de l’Institut catholique de Paris, qui sont aujourd’hui publiées.

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© La Conversion de saint Paul par Laurent de La Hyre (1637)
Le sous-titre de votre livre est « introduction à l’essence du christianisme ». Qu’entendez-vous par là ? Pourquoi choisir la figure de saint Paul pour y accéder ? Vous mettez le doigt sur le cœur du paradoxe : Paul de Tarse est juif, il écrit ses Épîtres avant que la nouvelle foi chrétienne se sépare du judaïsme. Mais précisément, il nous donne accès à l’essence du christianisme, parce qu’il nous dévoile l’expérience originelle des nouvelles communautés « messianistes » (c’est le sens du terme grec christianos). Partir de cette expérience primitive, c’est partir d’en bas et non d’en haut, c’est partir de l’existence de celui qui adhère au Messie (en grec, Christos), et non de la « chrétienté »: de l’histoire du christianisme ou de sa théologie. Chez Paul, nous voyons ce que signifient les concepts fondamentaux de l’existence croyante : l’imminence du règne du Messie, l’existence dans le monde, la tribulation, le combat contre le mal, l’éthique de la charité, etc. Le paradoxe est que nous déchiffrons cette expérience « chrétienne » à partir d’un penseur juif qui adhère au Messie. Mais ce paradoxe est au fond celui du christianisme tout entier: il provient du judaïsme et il a son centre dans le judaïsme.
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