Il y a tout juste 20 ans, le 28 mai 2002, la Belgique est devenue l’un des premiers pays à légaliser l’euthanasie « pour des situations exceptionnelles ». Alliance Vita a fait les comptes sur ces 20 ans d’euthanasie. Elle parle de « 2 699 euthanasies en 2021 soit un décès sur quarante en Belgique », c’est-à-dire une multiplication par dix en vingt ans. On ne peut donc pas affirmer que les règles prévues au départ aient été respectées. Alliance Vita dénonce « un glissement vers l’acceptation de cas d’euthanasies pour des pathologies mentales ou des polypathologies avec un laxisme choquant quant à l’appréciation de l’incurabilité et de la notion de souffrance ».
2 699 euthanasies en 2021 soit un décès sur quarante en Belgique, c’est-à-dire une multiplication par dix en vingt ans
La présidente de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité, Jacqueline Herremans, justifie cette politique mortifère en affirmant « qu’on est passé de la mort isolée, souvent dans un hôpital, à une mort solidaire avec ses proches qui peuvent être préparés à ce départ ».
La technique vicieuse, étape par étape
Le 8 avril 2021, l’Assemblée nationale française a voté le premier article d’une loi qui introduit le balbutiement d’un droit à l’euthanasie. Les raisons invoquées sont la mort dans la dignité, en absence de souffrances. C’est pour répondre à ces besoins que certaines associations promeuvent au contraire l’accès au soins palliatifs auxquels « seul un tiers des patients qui en auraient besoin ont accès », précise le docteur Claire Fourcade. Quant au droit à la mort dans la dignité, il s’agit simplement d’un alibi pour désigner le suicide assisté, alias euthanasie.
Lire aussi : Jean-Frédéric Poisson : Euthanasie, nos gouvernants insistent
À l’heure où Emmanuel Macron s’est dit à titre privé favorable au « modèle belge » dans certains cas, le parallèle avec la légalisation de l’IVG en France est aisé. En 1976, Simone Veil prononce un discours devant l’assemblée en affirmant que « l’avortement doit rester l’exception, pour les situations sans issues. Mais comment le tolérer sans qu’il perde ce caractère exceptionnel ? » Là-dessus, Simone avait vu juste puisqu’il y a aujourd’hui plus de 220 000 avortements en France. Car « à force de tout tolérer on finit par tout accepter et à force de tout accepter, on finit par tout approuver ».
Avec ce processus très progressif, ils arrivent à faire admettre les pires horreurs. Mettre un doigt dans l’engrenage, c’est accepter d’y entrer tout entier. Après avoir élargi l’euthanasie aux mineurs, la Belgique veut l’étendre aux personnes atteintes d’Alzheimer. Force est d’admettre que les garde-fous mis en place dans le cadre de la loi de 2002 ne sont pas efficaces. Étape par étape, nous assistons à l’exclusion des plus vulnérables. Il faut donc absolument refuser le piège des prétendus « cas limites » que le gouvernement voudra sûrement soumettre au vote des députés.





