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Jean-Frédéric Poisson : Euthanasie, nos gouvernants insistent

Alors que la légalisation de l'euthanasie devrait être la grande réforme sociétale du prochain quinquennat, Jean-Frédéric Poisson, président de VIA | La voie du peuple et soutien d'Éric Zemmour, rappelle les questions morales insolubles que cette légalisation poserait, et plaide pour des investissements importants sur les soins palliatifs.

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Le 11 avril, Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, a expliqué que la nouvelle « grande réforme de société » mise en place pendant le prochain quinquennat serait le fameux « droit à mourir dans la dignité ». Le recours à des conventions citoyennes, inauguré par Emmanuel Macron lors de la loi climat, semble être devenu la nouvelle et unique manière de gérer les affaires de l’État lorsqu’elles sont compliquées, même lorsqu’il s’agit de lois aussi importantes que l’euthanasie.

Lire aussi : Henri de Soos : « Dans tous les pays concernés, le nombre d’euthanasies ou de suicides assistés augmente »

Le président reconduit pour un nouveau mandat sait, sur le sujet de l’euthanasie, ne pas avoir beaucoup à craindre en termes d’opposition puisqu’une grande majorité des Français est favorable à sa légalisation. Ainsi selon l’IFOP, en avril dernier, 93% des Français considéraient que « la loi française devrait autoriser les médecins à mettre fin, sans souffrance, à la vie des personnes atteintes de maladies insupportables et incurables si elles le demandent ». Le sujet est donc plutôt consensuel. C’est sans doute la raison qui a poussé Emmanuel Macron à le brandir à la veille du second tour de l’élection présidentielle. Pourtant, malgré un tel consensus, n’est-il pas de notre devoir de nous interroger sur la portée d’une telle décision, même si elle sera probablement approuvée par la fameuse « convention citoyenne » ?

En effet, au-delà de la forme, quelle sera la teneur de cette loi ? Ce qui est certain, c’est que sera confié à l’intéressé encore lucide ou à une personne tierce le soin de prendre la décision. Dans tous les cas, de nombreuses questions morales s’inviteront au raisonnement… des questions qui ne trouveront vraisemblablement pas de résolution à court terme. Étant donné l’aspect définitif de l’euthanasie, et en admettant que l’acte lui-même puisse être toléré dans une société humaine, comment éviter une mort non désirée ? Car, rien ne nous assure jamais que la personne n’ait pas changé d’avis ou ne soit sous l’emprise d’un état psychologique inhabituel au moment ultime. Rien ne nous assure non plus que la tierce-personne choisie pour décider à la place du patient incapable de s’exprimer n’ait quelques intérêts à prendre une décision irrémédiable plutôt qu’une autre. En cas d’erreur, pourrons-nous leur rendre la vie que nous leur aurons prise ?

Plutôt que de se persuader qu’il n’existe aucun autre recours que l’acharnement thérapeutique ou l’euthanasie, pourquoi ne pas plutôt prôner une troisième voie qui concentrerait les investissements et les efforts d’innovation sur les soins palliatifs

On peut légitimement s’interroger sur l’insistance de nos gouvernants et députés qui ne cessent de remettre sur le tapis cette loi de légalisation de l’euthanasie, alors qu’elle a pourtant été bloquée à chaque fois. Ainsi se disent-ils démocrates. Pourtant, ils passent leur temps à proposer continuellement les mêmes lois, même lorsqu’elles ont été refusées par le canal démocratique. Enfin Emmanuel Macron prétend que la convention citoyenne « permet de construire du consensus sur un sujet qui divise et qui inquiète ». Mais concernant l’euthanasie il ne peut y avoir de consensus entre certains Français qui, devant l’extrême souffrance d’un proche qui les supplie, souhaitent y mettre un terme définitif, et d’autres qui, considérant que la vie de toute personne est sacrée de sa conception à sa mort naturelle, refusent de promouvoir une société de mort qui romprait définitivement avec la civilisation de nos pères.

Plutôt que de se persuader qu’il n’existe aucun autre recours que l’acharnement thérapeutique ou l’euthanasie, pourquoi ne pas plutôt prôner une troisième voie qui concentrerait les investissements et les efforts d’innovation sur les soins palliatifs, domaine dans lequel la science a déjà fait des progrès exceptionnels ? Voici quelle devrait être la voix de la sagesse dans une société de plus en plus confrontée au vieillissement de sa population. C’est un sujet aux conséquences lourdes, qui concerne chaque Français personnellement, dans son humanité et sur lequel nous ne pouvons pas nous contenter de prendre des décisions hâtives. Qui plus est dans une société qui vénère le progrès, et dans laquelle la norme collective prétend s’imposer à la conscience individuelle.

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