Le 10 juin, le CNN rapportait cette information pour le moins déroutante : la Suède a mis en place de nouvelles poubelles dans un but écologique. L’objectif est d’inciter les habitants à jeter leurs déchets à coup de messages sulfureux. Dans le quotidien suédois Sydsvenskan, Marie Persson, chef de section au service des routes de la ville, justifie cette « campagne de sensibilisation » en déclarant que « les phrases (programmées) font partie de l’objectif de la campagne, qui est d’inciter davantage de personnes à parler de la chose la plus sale qui soit : les dépôts sauvages, des déchets qui finissent dans nos rues, sur nos places et dans la mer ». Elle ajoute que ce projet est, selon elle, humoristique.
L’extrême gauche s’arrache les cheveux
Un certain nombre de médias d’extrême gauche se sont penchés sur le sujet, à commencer par Terrafemina. Le média reproche principalement à la poubelle d’être sexiste. Évidemment, quand une poubelle lance des « Oh, juste là, oui ! », « Mmh, merci… », « Un peu plus à gauche la prochaine fois » sur la place publique, l’image de la femme est effectivement dégradée. Mais ce n’est pas le principal argument de Terrafemina qui explique que cette poubelle est sexiste notamment parce qu’elle n’a pas son double à voix masculine. Ce constat est assez étrange pour un journal qui promeut, dans un article publié quelques mois auparavant, l’écoute d’un « album d’orgasmes ». Une sorte de féminisme à géométrie variable.
Si cette initiative peut simplement sembler absurde et déplacée, elle révèle surtout l’état moral de nos démocraties occidentales
Après avoir encensé les pays nordiques qui sont, d’après le Global Gender Gap Report de mars 2021, les plus performants en matière d’égalité homme-femme, une journaliste de Libération a elle critiqué l’initiative suédoise. Elle s’indigne de cette poubelle sulfureuse qui serait « droit sortie du Moyen Âge, dans l’esprit ». Libération conclut « à un brainstorming entre mâles de plus de 50 ans qui a mal tourné ». En clair, l’homme occidental et son histoire sont immédiatement visés par les idéologues dès que l’on évoque la sexualisation de la femme. Pourtant, à la tête de la municipalité de Malmö qui a mis en place ces poubelles, il y a une femme de 48 ans, Katrin Stjernfeldt Jammeh, issu du parti social-démocrate suédois. Par ailleurs, on peut se demander pourquoi des mâles quinquagénaires tels que Libération se les imagine auraient pris du temps pour élaborer un projet écologique.
La dégradation de l’homme occidental
Si cette initiative peut simplement sembler absurde et déplacée, elle révèle surtout l’état moral de nos démocraties occidentales. Au nom de l’écologie, les progressistes utilisent des passions assez viles pour arriver à leurs fins, dégradant par la même occasion l’homme et la femme.
Par ailleurs, quand Libération compare cette pratique à celles du Moyen Âge, le journal raconte tout simplement n’importe quoi. Empreinte de catholicisme, c’était une société qui valorisait la pudeur. Jacques le Goff, dans un entretien accordé à L’Express dans les années 2000, affirmait que « la violence guerrière de la féodalité médiévale cohabite très bien avec, dans la littérature, l’exaltation de la féminité, de la chasteté et de la passion propre à l’amour courtois ». Par ailleurs, le médiéviste rappelait que le Moyen Âge est une époque religieuse où les chrétiens ont à l’esprit que « le péché originel est acte de chair. (…) La sexualité devient alors luxure, concupiscence, fornication ». Selon Le Goff, il faudra attendre le XIIIè siècle et saint Thomas d’Aquin pour considérer le plaisir dans l’acte sexuel comme licite, dans certaines limites. Quoiqu’il en soit, le Moyen Âge ne prônait absolument pas l’exhibition sexuelle, n’en déplaise au Libération.
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En vérité, ces poubelles sont bien plus le fruit d’une culture post-moderne qui a détruit le respect et l’harmonie entre les sexes. Ce dernier, sans idéal masculin civilisé, multiplie les relations ou se réfugie sur des sites pornographiques pour gérer ses pulsions. En face, les femmes sont invitées à vivre sans limite morale ni sexuelle, les féministes prônant la libération sexuelle à toute heure du jour et de la nuit. C’est cette situation intime et affective dégradée pour les deux sexes qui amène ici les femmes à enregistrer leurs orgasmes pour qu’une poubelle les diffuse, et les hommes à venir les écouter en pleine rue. Comme l’expliquait déjà Dostoïevski au XIXè dans Les Frères Karamazov : « Si Dieu n’existe pas, tout est-il permis ».





