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Le gouvernement socialiste espagnol et les « mathématiques genrées »

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Publié le

5 juillet 2022

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Il n’y a pas que la France qui soit la proie de la sottise woke et des « théories du genre ». L’Espagne n’est pas en reste, championne de « l’ingénierie » sociale : dans sa loi d’éducation, le gouvernement socialiste défend notamment une approche genrée des mathématiques. Article de Francisco Núñez Roldán paru sur le site espagnol El Manifiesto et traduit par Patrick de Pontonx.
maths

En 1932, la République espagnole a adopté la loi sur le divorce. Il s’agissait d’une avancée inévitable dans la mesure où la question existait déjà dans une Espagne en théorie plus pacifique. Il suffit de se souvenir de la petite pièce de théâtre intitulée Le Juge des divorces, de Cervantès.

Parmi elles, figure la mise en caractères gras de l’article « le » ou « la » devant les mots hypoténuses, racines, équations, dérivées et autres fonctions ou substantifs mathématiques, afin de souligner l’importance de leur féminité

Cependant, dans notre cas, peu après l’adoption de cette loi sur le divorce, Pedro Muñoz Seca (1879-1936) avait écrit une pièce de théâtre malicieuse, Anaclet divorce, pour s’opposer à cette loi, en la ridiculisant à bien des égards. On y trouve en particulier une scène amusante où des époux, tout près de cesser de l’être, décidèrent de partager entre eux les biens du ménage en fonction de leur genre (grammatical, cela va sans dire), masculin ou féminin. Tout ce qui était « le » était donc pour le mari, et tout ce qui était « la » était pour la femme. A priori, rien n’était plus simple, n’est-ce pas ? Eh bien, en fait, non. Le lit, qui se dit « la cama » en espagnol, est aussi la couchette, qui se dit « el catre ». Une somme de dix duros, masculin, équivalait à cinquante « beatas », c’est-à-dire pesetas, bien féminines. Les gauches, dont l’habituel absence de sens de l’humour est bien connu, ne le pardonnèrent pas à Pedro Muñoz Seca. Sa petite œuvre comique ne contribua pas peu au fait qu’il fut assassiné à Paracuellos, en novembre 1936.

J’espère qu’il n’en coûtera pas la vie à ceux qui, parmi nous, ont vu dans les soi-disant « Mathématiques dans une perspective de genre » et « dans une approche socio-émotionnelle », promues par le gouvernement socialiste de Pedro Sánchez dans sa « Loi d’éducation », l’une des plus grandes et des plus dangereuses absurdités qui aient été mobilisées contre la logique élémentaire et la raison par la tribu de sauvages par laquelle nous avons le bonheur d’être gouvernés. J’ai lu l’autre jour une page de ces aberrations. Parmi elles, figure la mise en caractères gras de l’article « le » ou « la » devant les mots hypoténuses, racines, équations, dérivées et autres fonctions ou substantifs mathématiques, afin de souligner l’importance de leur féminité, est-il précisé. J’imagine, à l’inverse, qu’une vie difficile attend les dénominateurs, les logarithmes, les angles, les quotients, et ainsi de suite. Et je ne parle pas des côtés, lesquels, par malchance mais inévitablement, sont deux pour chaque hypoténuse.

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Le lecteur se souviendra qu’Antonio Machado avait publié quelques poèmes sous le titre Notes lyriques pour une géographie émotionnelle de l’Espagne. Le maître utilisait ce terme avec humour car il savait bien que tout poème dans lequel la topographie apparaît est déjà une approche émotionnelle de celle-ci. La poésie lyrique sans émotion n’existe tout simplement pas. En revanche, les gouvernants actuels prennent le galimatias verbal qu’ils veulent nous imposer avec le sérieux et le ridicule de ces crétins qui, en disant des âneries, non seulement y croient mais sont fiers de les dire [NdT : nous connaissons bien cela en France aussi]. Montaigne disait déjà que personne n’est à l’abri de dire des bêtises, mais que le danger est de les dire avec application. Dans le cas de nos responsables éducatifs, le risque augmente non seulement lorsqu’ils expriment leur opinion sur le sujet, mais plus encore lorsqu’ils légifèrent selon des critères aussi étranges dans des domaines qui se situent pourtant bien au-delà des modes et des fluctuations électorales, ou du moins qui devraient l’être, même s’ils se sentent obligés, en posant un problème, de commencer non pas par : « Un livreur doit mettre dix paquets dans son camion tous les quarts d’heure… »  mais plutôt par : « Une livreuse doit mettre dix caisses dans sa camionnette toutes les quinze minutes… » Et ainsi de suite. En définitive, que dirait notre poète de pareilles niaiseries ?

© El Manifesto

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