« N’avez-vous pas honte ? N’avez-vous pas honte de refuser à des personnes en grande souffrance, à des personnes en fin de vie, la possibilité de partir paisiblement ? N’avez-vous pas honte de refuser ce dernier geste d’humanité pour d’obscures raisons passéistes, conservatrices ou, pire encore, religieuses ? Alors même que le progrès médical permet de mourir dans la dignité. »
Si de tels propos vous ont déjà été adressés, c’est que, a priori, vous êtes « du côté obscur de la force ». Forcément anti-progrès, conservateurs sans doute, voire même, injure parmi les injures, intégristes extrémistes. Et comme c’est toujours un procès à charge, qu’il nous soit permis ici d’exposer les arguments de la défense.
Alors oui, nous sommes défavorables à une loi permettant l’euthanasie et le suicide assisté, parce qu’il n’est jamais sage de laisser entre les mains des hommes politiques la possibilité de légiférer sur la mort et encore moins sur la nature d’« une mort digne ». Surtout quand ces mêmes hommes politiques n’ont cessé de fermer des services de santé et des lits, au nom de la sacro-sainte économie. Et que, par leur incurie, certains patients sont décédés aux urgences, faute de médecins pour les prendre en charge. À croire qu’ils ont créé le mal pour vendre le remède….
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Nous sommes défavorables à une loi permettant l’euthanasie et le suicide assisté parce que faire entrer l’euthanasie et la mort assistée dans les mœurs de la société, c’est définitivement changer de société. Les réflexes et les priorités changeront : peu coûteuse en argent et en personnel, elle mettra moins d’une génération à supplanter les options de soins palliatifs ou longue durée. Surtout avec un tel « trou de la sécu » et/ou dette nationale post pandémie. Et ceux qui s’indignent aujourd’hui de l’inégalité d’accès au suicide assisté s’indigneront demain de l’inégalité d’accès aux soins, somme toute toujours plus coûteux que l’euthanasie.
Nous sommes défavorables à une loi permettant l’euthanasie et le suicide assisté parce que dans moins d’une génération, l’euthanasie deviendra une option naturelle (!) de gestion de la souffrance et de la fin de vie.
Nous sommes défavorables à une loi permettant l’euthanasie et le suicide assisté parce que rien ne justifiera plus que l’État s’investisse dans la prévention du suicide. La pratique banalisée du suicide assisté laissera à penser que finalement la mort vaut tout autant que la vie. Ce qui est un message pervers et destructeur, notamment pour les plus jeunes.
Nous sommes défavorables à une loi permettant l’euthanasie et le suicide assisté parce qu’il ne fait pas bon vieillir ou devenir vulnérable dans une société qui a la mort dans le placard à pharmacie, en guise de traitement potentiel à l’efficacité garantie ! « Mais ce sera encadré, justement pour empêcher toutes dérives » entend-t-on à longueur de plateaux télé. Comme si la loi était inamovible par essence, comme si le progrès, l’économie, l’égalité, les pandémies, l’état d’urgence, le 49.3 n’avaient aucun pouvoir d’influence sur une aucune loi.
Nous sommes défavorables à une loi permettant l’euthanasie et le suicide assisté parce qu’il n’y a rien de plus hypocrite que d’annoncer pratiquer l’euthanasie pour traiter la douleur
Nous sommes défavorables à une loi permettant l’euthanasie et le suicide assisté parce qu’il n’y a rien de plus hypocrite que d’annoncer pratiquer l’euthanasie pour traiter la douleur. Il faut redire haut et fort que ce n’est jamais la souffrance qui disparaît avec l’euthanasie mais bien la personne qui souffre.
Nous sommes défavorables à une loi permettant l’euthanasie et le suicide assisté parce que le désir individuel ne peut pas être la source du droit. Ce n’est pas parce que les individus le souhaitent que la loi doit le légaliser. La loi ne doit légaliser que ce qui est bon à court, moyen et long terme, au niveau individuel comme social. Rien n’indique que c’est le cas pour l’euthanasie. Et ce n’est pas un cadre législatif qui rendra bon un acte intrinsèquement mauvais. D’ailleurs personne ne pense « encadrer » le viol ou le féminicide.
Par-dessus tout, nous sommes défavorables à une loi permettant l’euthanasie et le suicide assisté parce que la société qu’ils annoncent n’aura plus rien de ce qui est proprement humain.





