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Enfance en danger

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Publié le

28 novembre 2022

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Alors que Julia Petri publie le deuxième volume de son « Petit guide de la foufoune sexuelle », Konbini poste une vidéo (finalement supprimée) mettant en scène une adulte qui fait découvrir la sexualité à deux enfants. L’insouciance sexuelle des plus jeunes n’a visiblement plus sa place en 2022.
Petit guide de la foufoune sexuelle

Chers parents, si vous suffoquez déjà à l’idée de devoir répondre à LA question fatidique, celle qui, tapie dans l’ombre, attend patiemment l’heure de son entrée théâtrale (généralement après le bol des chocapic à 7h50 mais si vous êtes chanceux cela peut être un mercredi à 18h, entre le bain du dernier et la poésie du moyen) : « mais comment on fait les bébés ? »

Si rien qu’à l’évoquer, vous avez ressenti un soupçon, léger certes, mais tenace, de panique et d’angoisse, alors rassurez-vous (ou fuyez), Konbini a une solution pour vous. « Le petit guide de la foufoune sexuelle : un livre pour enfants de 4 à 12 ans permet de parler du corps frontalement, simplement, de parler du consentement et pour essayer de briser les tabous » par Julia Pietri.

Soyons clair : cette proposition de livre est bien plus effrayante que toutes les questions que vos enfants pourraient jamais vous poser.

Cette proposition de livre est bien plus effrayante que toutes les questions que vos enfants pourraient jamais vous poser.

Si le consentement est toujours nécessaire, il n’est jamais suffisant pour dire qu’un acte est bon. Et d’ailleurs, s’il n’est qu’un acte de la volonté sans l’éclairage de l’intelligence, il est nul en fait comme en droit. Pour consentir pleinement, vous devez être en mesure de comprendre à quoi vous consentez.

Entre 4 et 12 ans, on n’a pas les capacités à consentir pleinement. Par contre, on a un réel besoin d’être instruit et construit, intellectuellement et affectivement. La vraie éducation sexuelle commence par-là : structurer la personne en devenir par l’éducation conjointe de l’intelligence, de la volonté et de l’affectivité.

Lire aussi : Dora Moutot : « La théorie du genre est un grave recul pour les femmes »

Et il faut dire et redire : il n’y a rien de plus fragile que le consentement d’un enfant. Pour les 4-6 ans, un pack de fraise tagada suffit largement au KO technique du système interne « consentir » et les équivalents pour 6 -12 ans ne manquent pas.

Soyons lucide, cette affirmation n’est que le vernis soixante-huitard, jauni et daubé, qui sert à rendre relativement acceptable ce qui ne l’est pas du tout : je fais ici explicitement référence au passage de la vidéo où l’auteur s’emploie à expliquer aux enfants de 5 et 7 ans que le « clitoris, c’est pour prendre du plaisir ». Oui les enfants ont besoin de réponses à leurs questions à eux et non à celles que l’adulte leur impose. Ils ont surtout besoin que tout ce qui touche à l’intime soit sanctuarisé, respecté, protégé.C’est le but ultime de l’éducation à la pudeur.

Oui les enfants ont besoin de réponses à leurs questions à eux et non à celles que l’adulte leur impose.

Sous le cache-sexe éducatif, l’auteur ne fait que voler aux adultes en devenir un temps qui n’appartient qu’à eux : celui de la découverte de l’Amour qui se dit avec le corps quand les mots ne suffisent pas. Celui de la découverte d’une relation qui n’est pas technique mais apprentissage mutuel, qui n’est pas seulement attentes et exigences mais surtout écoute et don.

Voilà le plus grand reproche dont cette initiative (tant la vidéo de Konbini que le livre en lui-même) ne peut pas se dédouaner : elle ne dit rien de la sexualité humaine parce qu’il réduit l’homme à son corps, et ses organes à des « touches-plaisir ».

Pire encore, elle n’est que la projection de fantasmes d’adultes dans un livre pour enfants, quitte à heurter leur psychisme.

Pire encore, elle n’est que la projection de fantasmes d’adultes dans un livre pour enfants, quitte à heurter leur psychisme incapable de traiter des informations de cette nature parce que leurs capacités (biologiques, cognitives, affectives) ne sont pas pleinement développées.

Lire aussi : Représentants américains transgenres à l’ambassade de France : vice de forme

Ce livre est dangereux pour vos enfants, pour les enfants. Il ne respecte ni le temps long de leur construction, ni le besoin de respect à l’égard de ce qui est intime. Je ne cache pas que l’expression « viol psychique » m’a traversé l’esprit. Et ce n’est pas un hasard si Konbini a supprimé la vidéo.

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