Le plus étonnant, c’est que plus personne ne s’en étonne. Montrez cette photo à n’importe qui il y a dix ans, voir même cinq ans, en spécifiant bien qu’il s’agit de hauts fonctionnaires proches de la Maison Blanche. On vous aurait ri au nez. Aujourd’hui, en cet an de grâce 2022, cette photo prise au cours d’une réception à l’Élysée donnée pour les célébrations du 14 juillet suscite tout juste quelques quolibets sur Twitter. Attention : nous n’appelons pas à la haine ni à la moquerie. Même si tout compte fait, on devrait pouvoir moquer cette élite comme on le fait de toutes les élites, non ?
Que voit-on sur cette photo ? Deux hommes travestis en femme. Le premier se fait appeler Rachel Levine et vient d’être nommé amiral pour la division santé de l’armée américaine. Sous la traditionnelle vareuse, il porte une jupe bleue et des ballerines. Du plus bel effet, avec sa dégaine de sexagénaire maquillé à la truelle. Le deuxième, un certain Sam Briton qui aurait été récemment bombardé haut responsable à l’énergie atomique par Joe Biden, assume davantage ses origines queer : crâne rasé, talons aiguilles et robe échancrée. On se croirait dans un de ces univers de science-fiction où les élites sont dépeintes comme complètement dégénérées et changeant de sexe tous les deux jours pour se sentir exister – voir L’Incal de Jodorowsky ou Le Cycle de la Culture de Iain Banks.
Lire aussi : Le nouveau monde LGBT (2/3) : les dangers de l’idéologie transgenre
Mais non, c’est bien réel : plus que jamais, nous vivons dans une dystopie cyberpunk où l’hyperclasse mondiale ne cache même plus son désordre existentiel grimaçant. Ces deux énergumènes n’ont-ils pas conscience qu’ils représentent la première puissance mondiale ? N’ont-ils aucun respect pour l’étiquette ? Quelles que soient les raisons qui les ont poussés à « transitionner » ou à se déguiser en bimbo ridicule, aucune ne doit être assez valable pour imposer aussi égoïstement ses inclinaisons sexuelles. Mais après tout, ils auraient tort de ne pas le faire, puisque les États-Unis sont bien en passe de devenir le royaume de l’inversion globale.
Qu’on soit bien d’accord : selon les estimations les plus réalistes, les transsexuels représenteraient entre 0,2 et 0,6 % de la population mondiale. Aussi tragique soit leur condition dans certains pays, cela reste, d’un point de vue purement quantitatif, une infime minorité. Cette obsession des Américains et de l’administration Biden pour une communauté minuscule et aussi visuellement embarrassante, est donc bien un programme politique, voire métaphysique. C’est sans doute le point culminant du processus de déconstruction : il s’agit bien de retourner complètement l’appareil moral de l’homme occidental. En niant au passage toute idée d’ordre naturel. Il s’agit donc de satanisme à l’état pur : ce moment où la particularité individuelle compte plus que le bien commun, ce qui est une définition tout à fait acceptable du satanisme (voir la fameuse loi de l’Église de Thélème annoncée par Aleister Crowley : « Do what thou wilt shall be the whole of the Law. » )
Sa petite personne narcissique, ses petites inclinaisons sexuelles, ses petites névroses identitaires comptent désormais plus que tout. Plus que la santé d’une famille. Plus que l’image d’un pays. Encore une fois, c’est toujours la logique inique du Capital qui préside tous ces déhanchements égotiques : le capital aime lorsque l’individu se vend lui-même comme un produit, labellisé avec un hashtag à la mode : #queer. #Transgenre. #Amiral de la Navy ayant subi une vaginoplastie. Car enfin, qu’on ne vienne pas me dire que ces sinistres personnages dégagent quelque chose de sain et de beau : même le plus radical des transgenristes sait au fond de lui que cette photo est profondément malsaine.
Malgré tous leurs efforts, ces deux personnages restent de grotesques types déguisés en femmes. Et on voudrait nous faire croire que c’est ça le pinacle du progrès, le climax de la pensée occidentale : nommer des travelos à la tête de son gouvernement et les exhiber comme de sinistres pantins dans tous les dîners officiels ? Et bien non. L’Occident mérite mieux. Les hommes et les femmes méritent mieux. Les transsexuels eux-mêmes méritent mieux que cette inquiétante surexposition qui tend à faire passer une souffrance pour quelque chose d’éminemment cool et enviable. Non, ces deux grooms de la modernité ne sont pas enviables, car ils n’évoquent objectivement que la laideur. Or la beauté n’est pas un jugement de valeur. La beauté, c’est une vertu morale, justement. À l’heure où l’égalitarisme voudrait nous imposer sa vision, d’un monde sans hiérarchie, invertébré, régressif, ou tout est égal à tout, où l’homme, l’amibe, le gode-ceinture et le chien de traineau sont mis sur un même niveau, il faudrait au contraire se rappeler que dans l’univers, précisément, rien n’est égal. Encore moins le laid et le beau, dont notre capacité à les déterminer constitue précisément notre promesse d’élection à ce qu’il faudrait bien appeler… l’humanité.





