Depuis une décennie, vous n’avez cessé d’alerter les Français sur la montée de la criminalité, de la délinquance, et même, sur la disparition des civilités qui font la civilisation. Quelle place occupe l’immigration dans cette mécanique mortifère ? Et qu’en disent les acteurs de terrain, policiers, professeurs, médecins, fonctionnaires territoriaux ?
L’immigration récente, tout particulièrement d’origine extra- européenne, occupe une place prépondérante dans l’insécurité et l’effondrement du capital social. Je ne parle pas seulement des étrangers, mais aussi des descendants d’immigrés, de nationalité française, dont une part non négligeable pose de grandes difficultés. Ceux qui y sont confrontés directement savent bien que le « vivre ensemble » n’est qu’une folle illusion. Malheureusement, c’est le propre des utopies de s’entêter contre les faits et la raison. Personne n’écoute le terrain, les autorités préfèrent communiquer et dépenser des sommes folles dans la rénovation et l’insertion, ce qui n’a jamais servi à rien. Mais on préfère imaginer que les êtres humains qui sont interchangeables n’ont aucun réflexe communautaire et organique, et se fondront donc sans discuter dans le creuset républicain.
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C’est le troisième tome de votre série. Qu’est-ce qui a changé en France depuis le premier ?
Une très nette aggravation des violences aux personnes, qui battent tous les records sous le mandat Macron-Darmanin, mais aussi des violences sexuelles, des homicides et tentatives. Toujours plus d’immigration incontrôlée, contre l’avis du peuple français. Une situation sociale des plus explosives. Et ces dernières semaines, beaucoup d’éléments déclencheurs d’une crise majeure sont apparus : l’inflation, la crise énergétique, un déficit commercial record, l’explosion de la dépense et de la dette, la guerre en Ukraine, de probables pénuries alimentaires…
La France fait-elle mieux ou moins bien que ses voisins européens en matière d’immigration ? Est-ce un combat que nous pouvons mener seuls ou qui doit être livré à l’échelle continentale ?
En proportion, la Suède a fait pire, même si elle semble maintenant prendre conscience du problème et tenter de corriger le tir. Ces dernières années, beaucoup de pays montrent des réactions plutôt fermes, comme le Danemark, la Grèce, l’Italie, et bien évidemment les pays de l’Est, qui ne veulent même pas commencer. Mais ce n’est pas le cas de la France, de l’Angleterre, de la Belgique ou de l’Allemagne. Même si les faits et les opinions sont très défavorables à l’immigration, les élites de ces pays choisissent de persévérer dans le déni, comme s’il en allait de leur crédibilité progressiste. Il est vrai qu’avec toutes les leçons de morale données, il n’est pas si simple de se dédire. Il serait évidemment plus simple d’imaginer une véritable politique collective aux frontières de l’Europe, mais tant qu’il existe des politiques nationales très différenciées, ou des commissaires européens imaginant que Frontex est une officine crypto-fasciste, chaque nation doit prendre des mesures souveraines en la matière, pour se garantir des excès de « générosité » des pays voisins. Deux échelons de contrôle valent mieux qu’un !
« Nous pensions faire des Français avec ces immigrés, mais ce sont eux qui vont refaire la France, et le continent »
Laurent Obertone
Si nous ne mettons pas un coup d’arrêt brutal, quid de notre avenir ? La France sera-t-elle toujours un pays européen dans 30 ou 40 ans ? Les chiffres semblent difficiles à contredire, surtout avec la démographie africaine.
Le changement de population est déjà bien entamé, et progresse rapidement. Dans quelques années, un nouveau-né sur deux présentera un « historique migratoire » extra-européen. La suite est fort simple : ce sont les peuples qui font les pays, et pas l’inverse. Nous pensions faire des Français avec ces immigrés, mais ce sont eux qui vont refaire la France, et le continent. C’est déjà le cas d’ailleurs, et certains ne manqueront pas de s’en féliciter. Reste à savoir si les choses se poursuivront de la sorte, s’il y aura réaction politique et inversement de tendance, ou si nous vivrons un effondrement brutal. L’état de notre économie et de la société en général me fait plutôt pencher pour ce dernier scénario.

Magnus, 332 p., 21 €





