Pourquoi avez-vous créé l’association Oykos et à quels besoins répond-elle ?
La foncière Oykos, liée à l’Église, rachète ou se voit confier d’anciens monastères, couvents ou bâtiments diocésains. L’objectif est de les louer à coût abordable à des associations qui ont un véritable impact social, écologique ou pastoral, tout en conservant une dimension spirituelle dans les lieux. Nous souhaitons notamment favoriser le développement d’habitats collectifs alternatifs en aidant les personnes audacieuses et emplies d’espérance à trouver un lieu où s’implanter. La particularité de notre association, c’est que nous avons une structure qui est rattachée in fine à l’Église. Nous voulons que dans 10, 20, 100 ans, l’Église garde une maîtrise des usages de ces lieux sacrés abandonnés. Aujourd’hui, l’abbé de Solesmes et l’évêque de Limoges sont les deux personnes d’Église qui accompagnent le projet et qui sont membres de droit de l’association.
En 2000, on avait plus de 60 000 religieux en France, aujourd’hui il n’en reste plus que 25 000, soit moins de la moitié
Pourquoi autant de lieux d’Église sont-ils abandonnés ?
Les congrégations religieuses sont souvent contraintes de quitter les lieux car elles souffrent du manque de vocations. Concrètement en vingt ans, les vocations religieuses ont diminué de moitié. En 2000, on avait plus de 60 000 religieux en France, aujourd’hui il n’en reste plus que 25 000, soit moins de la moitié.
De plus, 60% des religieuses ont plus de 85 ans. Dans les 10 ans, c’est entre 30 et 50% des sites qui vont fermer. De là, nous souhaitions répondre à une question simple : comment faire pour qu’ils restent des projets chrétiens ? Avant d’être une foncière, Oykos est bien un incubateur de projets pour des chrétiens qui portent des projets d’habitats alternatifs avec une dimension sociale et spirituelle.
Quels sont les projets déjà réalisés ou en cours ?
Le projet du Carmel d’Avignon est notre tout premier projet. La dernière sœur de ce carmel est partie il y a un mois. Nous voudrions y faire cohabiter des jeunes étudiants et des seniors, installer un café solidaire et en ce qui concerne la dimension culturelle, réaliser des scènes de spectacles sur l’histoire d’Avignon. Aussi, nous voudrions refaire la chapelle au culte. En clair, l’idée est de proposer aux plus jeunes et aux personnes âgées de se retrouver pour prier. Outre Avignon, nous avons dix autres projets dans les tuyaux donc ça peut aller très vite, mais il faut que l’on trouve les financements pour réussir.
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Comment peut-on soutenir Oykos et contribuer à ses projets ?
Il y a trois manières différentes de nous aider. Soit nous apporter une expertise, c’est-à-dire des personnes qui s’y connaissent en immobilier et en incubation de projets et qui auraient du temps à consacrer. Soit nous apporter de l’argent : on peut le faire grâce aux dons, de manière très classique, ou en faisant de l’investissement. C’est là la grande particularité de la foncière qu’on a créée. Tout le monde peut prendre des parts et vous pouvez devenir investisseur. Votre investissement va vous rapporter de l’argent avec une rentabilité autour de 3% sans dividende. Cet argent investi va aider à monter des projets.
Quelle équipe vous accompagne dans l’aventure Oykos ?
Il y a trois personnes à temps plein. Une personne vient du monde de la finance, une autre est plutôt chef de projet et la dernière vient du monde de l’immobilier et de la maîtrise d’ouvrage. Il y a aussi une trentaine de bénévoles à différents niveaux, qui s’impliquent en fonction de leur disponibilité. Ça peut être 1h par mois ou beaucoup plus. Tout dépend des besoins et des projets en cours. Les profils sont très variés.





