Dans les années 50, les jeunes garçons aiment les pilotes : Buck Danny (Spirou) et Dan Cooper (Tintin) sont rejoints en 1959 par Tanguy et Laverdure dans Pilote. La série en est à son 35è album, scénarisé par Patrice Buendia. Les héros ont évolué avec leur temps et les scénarios n’évoquent plus forcément les manœuvres perfides des industriels américains ou l’espionnage des communistes soviétiques, ou encore d’improbables confréries internationales de gredins. C’était dommage. Dargaud a eu la très bonne idée de lancer en parallèle une série d’aventures dites « Classic » (on a évité « vintage », c’est toujours ça), situées aux tout débuts de la série originale, Patrice Buendia se coulant d’abord dans des ébauches de scénarios de Charlier avant d’imaginer des péripéties originales. Quant à Matthieu Durand, il reprend le style d’Uderzo. Blake et Mortimer vivent ainsi des aventures interstitielles depuis des années (plus ou moins réussies), et Buck Danny aussi, grâce à Yann et De Luca.
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On peut affirmer que le tandem Buendia-Durand réussit le mieux l’exercice délicat de la reprise rétroactive. Tous les fondamentaux sont là, sans une once de second degré (péché dans lequel Yann tombe, mais avec brio) : l’éloge des mécaniques, la compétition commerciale entre industriels, les histoires surgies du passé guerrier des pilotes, le monde des gens ordinaires côtoyant les demi-dieux aériens, la fantaisie de Laverdure, les exploits virtuoses et, en plus, dans le dernier album, des traîtres communistes et un inspecteur droit sorti d’Audiard. Une telle réussite, graphique et narrative ne repose que sur une humble, profonde et enthousiaste analyse du canon initial.

UNE AVENTURE CLASSIC DE
TANGUY & LAVERDURE, T. 5.,
PATRICE BUENDIA et MATTHIEU DURAND
Dargaud, 48 p., 15,50 €.





