République et droits de la femme n’ont pas toujours fait bon ménage. En 1793, Robespierre, Danton ou Hébert envoyaient les femmes brillantes à l’échafaud dans des conditions effroyables. L’historienne Cécile Berly dresse les portraits de quatre femmes suppliciées dans un livre court et lumineux. Marie-Antoinette, Mme du Barry, Mme Roland et Olympe de Gouges ont peu en commun si ce n’est d’avoir été exécutées à l’automne-hiver 1793. Les deux premières appartiennent à cette monarchie que les républicains jugent efféminée et décadente. À l’opposé, Mme Roland et Olympe de Gouges sont des républicaines exaltées, mais leur proximité avec les Girondins leur sera fatale.
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Indépendantes, ces quatre femmes représentent tout ce que les républicains détestent, et c’est pourquoi leur fureur va s’abattre sur elles. Il ne s’agit pas de juger mais d’humilier. Tout d’abord en refusant de leur accorder un minimum d’hygiène durant leur incarcération. Puis en les affublant durant leur procès d’injures dégradantes à caractère pornographique. Enfin en les exposant à la vindicte publique jusqu’au pied de la guillotine. Toutes ne furent pas égales devant l’épreuve du supplice : Mme Rolland meurt en romaine, Marie-Antoinette n’eut pas un seul regard pour la foule, Mme du Barry qui aimait tant la vie se débat.

Passés Composés, 172 p., 17 €





