Le « lost media » est un concept qui brasse tout un imaginaire de l’Internet des débuts, porté par une esthétique de la basse-résolution : brouillards de pixels flous ouvrant sur des trappes filmées à la DVcam, apparitions funestes capturées au smartphone sur des bords de route, « tutoriels » bricolage réalisés par des schizophrènes, apparitions paranormales qui moussent à l’orée du champ de vision au détour d’un simple film de vacances… Bref, toutes ces vidéos amateur et semi-cryptiques qu’on pouvait trouver au mitan des années 2000 sur un YouTube encore balbutiant. Si la génération Z s’en est emparée avec autant de passion, à commencer par le YouTubeur Feldup, qui fait une courte apparition dans l’un des épisodes, c’est précisément parce qu’ils n’ont pas connu cette préhistoire du Web et qu’elle a pris une dimension presque mythique, parce qu’elle correspond à une époque où Internet était encore un territoire plein de zones blanches. Les « lost medias », ce sont des vidéos ou, plus rarement, des photos devenues mythiques souvent pour de mauvaises raisons, et dont on a perdu la trace. On y trouve autant de légendes urbaines que de vraies histoires : pour les premières, citons Candle Cove, série pour enfants cauchemardesque diffusée dans les années 1970 sur une obscure chaîne du câble et dont certains témoins racontèrent que seuls les enfants pouvaient la voir (les adultes ne voyant qu’un écran parasité). Parmi les « vrais » lost medias, le plus connu est certainement la vidéo du suicide de Christine Chubbuck, cette présentatrice d’une petite chaîne de télévision floridienne qui s’est tiré une balle dans la tête en direct pendant son émission Suncoast Digest. […]
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