Depuis quelques temps, Mohammed VI et le Maroc semblent multiplier les projets de développement ambitieux à l’intérieur de ses frontières comme à l’extérieur. Preuve de cette bonne santé, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba a débuté sa tournée du continent africain par une visite à Rabat où il a rencontré son homologue Nasser Bourita le lundi 22 mai, déclarant notamment à cette occasion que l’Ukraine considérait « avec intérêt le plan d’autonomie du Maroc comme une base sérieuse et crédible pour la résolution réussie du différend du Sahara ».
Disposant de moins de dons en ressources naturelles que certains de ses voisins, le Maroc doit donc miser sur ses atouts : une grande stabilité politique due à son régime monarchique et une capacité d’innovation économique supérieure à la norme locale. C’est ce qui en fait désormais une puissance régionale incontournable tant sur le plan diplomatique et sécuritaire qu’économique.
Des innovations techniques 100 % marocaines
Mohammed VI a inauguré, une semaine après la fin du Ramadan, le 28 avril, les locaux flambant neufs du CHU Mohammed VI de Tanger. L’hôpital occupe une superficie de vingt-trois hectares et compte pas moins de 800 lits. L’objectif est de renforcer l’accueil hospitalier d’un pays reconnu internationalement pour sa gestion sérieuse de la pandémie de Covid-19, dans le cadre des réformes demandées par la Commission spéciale sur le nouveau modèle de développement (CSMD) mise en place à la demande du roi et chargé de donner des objectifs de développement au pays d’ici 2035.
Le pays s’apprête à lancer deux véhicule 100 % « made in Morocco »
De même, outre le secteur de la santé, le secteur automobile marocain a connu une nette accélération, puisque, outre la production annuelle de 800 000 véhicules par an, le pays s’apprête à lancer deux véhicule 100 % « made in Morocco ». Si l’un est encore au stade de prototype car devant à terme rouler à l’hydrogène, l’autre, fabriqué par l’entreprise automobile marocaine Neo Motors, a déjà des modèles fonctionnels et devrait être commercialisé dans des délais raisonnables.
Mohammed VI a d’ailleurs décoré les deux concepteurs de ce véhicules le 15 mai, notamment Nassim Belhkayat qui a fait ses études en France.
Cependant, le secteur stratégique de l’agriculture connaît une crise, en raison de la sécheresse persistante pour la deuxième année consécutive. Pour assurer la sécurité alimentaire du Maroc ainsi que gérer le stress hydrique, le Roi a convoqué une réunion de crise le 9 mai à Rabat. Le souverain a demandé aux administrations concernées d’accélérer la construction des neuf stations de désalinisation prévues sur les deux façades littorales du pays.
Enfin, le 19 mai, Mohammed VI a présidé un Conseil des ministres. L’occasion pour le Roi de nommer sept hauts responsables dans des domaines aussi variés que le système bancaire marocain, la presse (agence MAP), l’Agence marocaine du développement de la logistique ou le groupe Al Omrane, bras armé de l’Etat marocain dans l’immobilier et la rénovation urbaine.
Lire aussi : Kaïs Saïed et le droit à la continuité historique des peuples
L’autonomie stratégique : un impératif dans le monde contemporain
Le voisinage difficile du Maroc, notamment algérien, ainsi que son économie diversifiée ne reposant pas sur les rentes énergétiques ou minières, obligent le royaume chérifien à poursuivre des standards de développement qui ressemblent plus à ce qu’ont connu des pays d’Europe du Sud il y a 30 ans. De quoi susciter l’espoir, et ce d’autant plus que le Royaume a su intelligemment diminuer l’influence de l’islamisme politique au cours des années écoulées.





