Le tropisme du cinéma espagnol actuel pour la nature et le monde paysan n’est plus à démontrer après As Bestas (Rodrigo Sorogoyen), Nos soleils (Carla Simon), et Venez voir (Jonás Trueba). Suro de Mikel Guerra s’inscrit dans cette tendance, en beaucoup moins opérant. Un couple de néo-ruraux se délocalise dans une propriété de chênes-lièges dont madame enceinte a hérité ; monsieur tente de jouer à l’intendant parmi de rudes Catalans et quelques Marocains d’appoint dont un jeune un peu paumé qu’il va prendre sous son aile.
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Tension, néo-colonialisme et transfert limite psy sur le pauvre racisé (fils ou amant ?) mèneront presque au drame, et tout est dans ce presque, tant le film bombe le torse avant de se dégonfler. On pense à du Tennessee Williams avorté et vaguement naturaliste malgré quelques beaux plans sur la récolte des écorces de liège. Un finale outré de danse sauvage à contretemps amène la morale qui se sent venir de loin : on a tous besoin d’un plus pauvre que soi.
SURO (1h56), de MIKEL GUERRA, avec Vicky Luengo, Pol López, Ilyass El Ouahdani, en salles le 21 juin





