Polaris débute par un plan exceptionnel : un brouillard blanc qui semble aussi glacial que compact laisse émerger un point noir qui devient une petite silhouette tenant à peine debout et tanguant sous le blizzard, à mesure qu’elle se rapproche. Aux 2/3, sa voix-off en anglais énonce des banalités sur la vie et le devenir, avec un fort accent du sud de la France. Tout le problème du documentaire d’Ainara Vera tient en cette superposition : le texte abîme les images. La réalisatrice y suit au long cours Hayat, capitaine de bateau dans l’Arctique, et sa sœur Leila enceinte restée au pays.
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On comprend vite qu’elles forment un couple fusionnel et que l’aînée tient lieu de père et de mère à la cadette, le leur étant inconnu et la seconde, ancienne droguée, défunte. Vera filme la résilience avec empathie et proximité, mais elle veut trop bien faire en ajoutant dans la balance les violences sexistes qui détournent du trajet assez fascinant de Hayat. Se concentrer sur celui-ci aurait suffi.
POLARIS (1h18), d’AINARA VERA, documentaire, en salles le 21 juin





