Doyen de la Faculté de philosophie de l’Université Laval entre 1939 et 1956, père de onze enfants, Charles De Koninck est connu pour avoir croisé le fer avec Jacques Maritain autour de la question du personnalisme. L’homme est-il ordonné à la société ou celle-ci est-elle faite pour l’homme ? Luttant contre le totalitarisme, Maritain affirme dans Trois réformateurs (1925) que la personne humaine est première dans l’ordre des fins mais subordonnée au bien commun dans l’ordre des moyens : « Ainsi chaque personne individuelle, prise comme individu partie de la cité, est pour la cité, et doit au besoin sacrifier sa vie pour elle. Mais prise comme personne destinée à Dieu, la cité est pour elle, j’entends pour l’accession à la vie morale et spirituelle et aux biens divins, qui est la fin même de la personnalité ; et la cité n’a vraiment son bien commun que moyennant cet ordre. »
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Position équilibrée que conteste Charles de Koninck pour qui le bien commun prime la personne humaine. En fait, tout est affaire de définition : « Koninck déplace la question, écrit Maritain au cardinal Journet en 1945, en comparant la personne non au bien commun social mais au bien commun de l’univers tout entier ». Querelle philosophique qui montre la vigueur du débat intellectuel de l’après-guerre.

PUL, 460 p., 55 €





