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Rentrée des classes : Attal, sous le vent

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Publié le

6 septembre 2023

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Cette rentrée des classes 2023 aura été marquée par la prise de fonction de Gabriel Attal à la tête du ministère de l’Éducation nationale. Un nouveau poste qui, dans les prochaines semaines, risque de promettre de nombreux défis au jeune débarqué, surtout s’il ne connaît rien en la matière.
Attal

« Votre oeil en tapinois me dérobe mon coeur ; / Au voleur, au voleur, au voleur, au voleur ! » Ce n’est pas notre coeur que le président Macron a dérobé cet été mais bien notre innocence ! La nomination d’Attal à l’Éducation nationale a réussi l’exploit de réveiller les groupes WhatsApp des professeurs.

Après l’inconsistant et spectral Pap Ndiaye, nous voici désormais avec le bouillonnant Attal, porteur d’une énergie que l’on sent assez peu dirigée vers l’Éducation. D’ailleurs celui-ci s’en cache assez peu en interne : l’école, c’est loin d’être sa marotte. La preuve, c’est qu’il ne la connaît pas. Ou si peu. Tout au plus s’en imagine-t-il une version idéalisée, aseptisée, loin du chaos et de la confusion qui règnent parfois dans les couloirs de certains établissements.

Pour la deuxième fois consécutive, les 859000 enseignants se voient imposer un ministre qui ne connaît de l’école publique que de vagues et di »uses rumeurs. Un peu comme si un quidam allait traîner ses savates au zoo de Vincennes et se déclarait soudainement zoologue.

Celui-ci s’en cache assez peu en interne : l’école, c’est loin d’être sa marotte. La preuve, c’est qu’il ne la connait pas.

Surtout qu’il est évident qu’Attal n’envisage cette nomination que comme un tremplin pour le reste de sa carrière. Autrement dit, le capitaine ne se préoccupe que très modérément du paquebot, la seule et constante envie qu’il a est encore celle d’en sortir au plus vite. Quitte à le projeter contre un iceberg ! Laissons-là, ces gauchistes de l’enseignement et leur myriade d’élèves aux petites mains pleines de BN écrasés !

Mais après tout, peut-être fais-je montre d’une excessive mauvaise foi ? Attal a tout de même refusé le poste de ministre de la Santé qui lui a été proposé avant de, mollement, se décider pour celui de l’Éducation. Ce qui fait que nous ne sommes pas vraiment un second choix. Hourrah !

Et puis mettons à son crédit le fait que l’homme ne soit pas un idéologue. D’ailleurs un ancien ministre dit de lui qu’« il est sans aucune conviction personnelle ». S’il a un instant penché à gauche, c’est uniquement parce que sa famille avait des connexions avec feu le Parti socialiste. Rien de plus. Il ne suit qu’un seul vent, celui de son propre succès.

Et puis, on a eu tendance à l’oublier, mais, de 2018 à 2020, il fut tout de même secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse de l’époque, à savoir l’inénarrable Jean-Michel Blanquer. C’est d’ailleurs lui qui avait pour noble entreprise de mettre sur les rails le Service national universel (SNU).

Alors à quelles réformes s’attendre ? Parce que votre serviteur peut, d’ores et déjà, vous en suggérer par palettes, mais le plus urgent est encore de céder aux sirènes du bon sens. Pour réussir, il va devoir se faire le fossoyeur de ses prédécesseurs qui ont gaiement sabordé le fonctionnement du mastodonte lycée (qui – s’il n’était pas parfait, loin de là ! – n’était pas encore cet embrouillamini d’options enchevêtrées les unes dans les autres).

Lire aussi : Roger Chudeau (RN) : rééducation nationale

Et comme Napoléon, il se donne cent jours pour réformer l’écrasante machine ! Ses premiers mots furent d’ailleurs pour indiquer que l’autorité serait remise au goût du jour et que tout serait fait pour endiguer le harcèlement. Ce n’est plus un ministre, c’est un justicier. Mais l’idée est loin d’être mauvaise.

Ah ! et les programmes ne changeront plus ! Est-ce un bien ou un mal ? C’est au moins une trêve dans la valse des manuels. Et si jamais le brillant énarque souhaitait se faire du terrain une vision plus concrète, nombreux seraient les professeurs à accepter de le recevoir pour quelques jours au fond de leur classe. Histoire que – pour une fois – l’un de nos ministres goûte, lui aussi, cette âcre saveur de transpiration et de plâtre humide qui règne si souvent dans nos classes. Parce que réformer uniquement sur de grands principes est au moins aussi efficace que de construire un château sur des sables mouvants.

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