Moins honteux que son dernier film de fiction (cf. ci-contre), Marx peut attendre est un documentaire de Marco Bellocchio sur son jumeau Camillo, suicidé à 29 ans. La fratrie élargie compare ses souvenirs et essaie de trouver une explication à la mort d’un jeune homme à la fois solaire et mélancolique, peu confiant en lui. La démarche du cinéaste jadis proche de la gauche révolutionnaire s’apparente assez rapidement à une recherche d’absolution, tant son frère apparaît abandonné de tous, y compris de lui.
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Le babil familial parfois complaisant est battu en brèche par la sœur de la dernière amie de Camillo, dont la clarté impressionne. Scindée entre un bloc engagé (les hommes) et un bloc catholique (les femmes), la famille du cinéaste apparaît comme un résumé du pays qui condamne les neutres à ne pas trouver leur place. Cependant, l’abus de musique et d’autocitations agace rapidement, comme si Bellocchio n’acceptait pas de prendre la faute sur lui et préférait la diluer dans son style d’apparat.
MARX PEUT ATTENDRE (1h46), de MARCO BELLOCCHIO, documentaire, en salles.





