Il manquait à la mode transfuge celui de la transition de religion, c’est chose faite avec L’Enlèvement de Marco Bellocchio. En 1858, un enfant de famille nombreuse est soustrait à sa famille juive au prétexte qu’il a été baptisé secrètement par une domestique. L’Eglise décide d’en faire un catholique de démonstration. « Un Pie IX aux allures de psychopathe tient en respect une armée de sous-fifres gluants. ». Un gothique pompier de pure surface convoque des vapeurs d’opéras et de mélodrames, en sabotant la force du sujet. Celle-ci transparaît dans les coupures de presse d’époque, gadgétisées en petits films d’animation.
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Un surdécoupage pesant empêche les scènes de prendre, autrement que par une gelée orchestrale assommante, et les rituels d’humiliation se succèdent sur fond de la construction de l’unité italienne. Reste l’illisibilité du héros, seul élément un peu intrigant mais qui ne saurait sauver le film. L’Enlèvement ne ressemble à rien d’autre qu’à un diorama grippé.
L’ENLÈVEMENT (2h14), de MARCO BELLOCCHIO, avec Paolo Pierobon, Enea Sala, Leonardo Maltese, en salles.





