Pur génie du théâtre, Puccini avait toujours besoin d’un sujet dramatique pour pouvoir composer. Les Bohème, Tosca et autres opéras ayant fait sa célébrité (douze au total) constituent l’essentiel de son catalogue. Le reste, à part quelques œuvres instrumentales, se résume aux seize mélodies pour voix et piano – tout sauf un corpus cohérent, avec quelques grands airs de salon (« Mentìa l’avviso », « Storiella d’amore ») à côté de morceaux de circonstance (« Inno a Roma ») ou de feuilles d’album nonchalantes (« E l’uccellino », « Casa mia »). De quoi tenir aisément sur un CD. Placido Domingo en avait fait un album magistral en 1989. Plus récemment, le soprano de Krassimira Stoyanova leur conférait une grâce toute chambriste (2017). C’est à l’extrême opposé que se situe la nouvelle version produite par BR Klassik : exit le piano, voici le grand orchestre.
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L’intimité du salon remplacée par l’éloquence de la scène. Prétention excessive ? Les moyens ne peuvent qu’amplifier les couleurs et les décibels, pas étoffer une substance musicale généralement en dessous du talent de l’auteur. L’arrangement de Johannes Schachtner dans un style parfaitement puccinien, magnifiquement servi par l’Orchestre de la radio de Munich (s’illustrant aussi dans les trois pièces symphoniques qui complètent l’album), profite surtout au ténor grand format de Charles Castronovo, voix mordante, sensible et pleine d’éclat. L’interprétation est somptueuse, qui compense la faiblesse intrinsèque de la plupart des mélodies, à écouter, plus que pour elles-mêmes, comme les embryons des numéros d’opéra où Puccini les recyclera, une fois habité par la flamme dramatique.
I CANTI, MÉLODIES ET OEUVRES ORCHESTRALES DE PUCCINI – Charles Castronovo, ténor – Orchestre de la radio de Munich, dir. Ivan Repuši? – BR Klassik, 22 €





