Que faire du cinéma d’horreur ? C’est la question embarrassante que semblent se poser les moguls d’Hollywood depuis quelques années. Car si le cinéma d’horreur affiche toujours de très bons scores en salles, c’est d’abord parce qu’il est pensé, formaté pour des niches bien précises. Les ploucs de la Rust Belt (l’ancienne région industrielle) auront donc droit à leurs films d’exorcisme puritains, et les citadins auront droit à leurs films « méta » et décalés qui jouent sur les codes du genre.
Lire aussi : Memory : Festen en bien mieux
Abigail, avec son argument plutôt sympathique – une bande de malfrats kidnappe une gamine qui se révèle être une vampire plutôt hargneuse – s’inscrit évidemment dans la deuxième catégorie, d’autant qu’il a été mis en boîte par les deux fossoyeurs de la saga Scream. Au programme, donc, sans aucune surprise : effets de manche grossiers, mise en scène pachydermique et humour protozoaire. C’est d’autant plus dommage qu’avec une telle idée de scénario, n’importe quel bon artisan aurait pu tirer une petite série B féroce et jouissive. Mais il faut croire que les « bons artisans » ont déserté les studios depuis bien longtemps.
ABIGAIL (1h49), de MATT BETTINELLI-OLPIN ET TYLER GILLETT, avec Melissa Barrera, Alisha Weir, Dan Stevens, en salles le 29 mai.





