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Les écologues en chambre ne nous intéressent pas. Nous leur préférons les vrais travailleurs, ceux qui y étant nés, ou bien s’y étant installés, savent au moins une chose : qu’à la terre on ne ment pas.
Un combat fait rage à Bruxelles : les tenants de l’agriculture industrielle du nord de l’Europe militent pour que soit autorisé le bio hors-sol (alors que le premier critère de l’agriculture biologique est le lien au sol). Ces pays, spécialistes de ce type de culture, voudraient ainsi s’attaquer au marché hyper lucratif de l’alimentation bio. Leurs arguments : faire pousser des légumes dans des substrats, c’est éviter les maladies, leur donner l’exacte nourriture dont ils ont besoin, les produire dans des tours à proximité des grandes villes.
Hier, un agriculteur me racontait, enthousiaste, le nouveau truc génial pour faire pousser des tomates « sélectionnées pour leur goût » : un container installable n’importe où en ville et dans lequel on contrôle hygrométrie, température et lumière artificielle. Je lui fais remarquer que le bilan énergétique de cette méthode est négatif : on dépensera davantage d’énergie pour produire ces tomates que ce qu’elles nous apporteront. Et j’ajoute : « Que deviendront nos campagnes ? Des zones en friche traversées par des TGV et des autoroutes ? Qui les habitera et les entretiendra si l’on produit la nourriture dans ce genre de conditions ? »
Enracinez-vous
Tout cela serait mis en place au nom du prétendu et sempiternel « rendement », qui est à l’agriculture conventionnelle ce qu’est le « pouvoir d’achat » aux grandes surfaces. L’agronome Jacques Caplat explique depuis de nombreuses années que l’agriculture biologique est en réalité bien plus performante que l’agriculture conventionnelle. Pour prouver le contraire, les défenseurs de cette dernière arguent d’une expérience « truquée d’avance » : ils comparent une parcelle cultivée en conventionnel avec une autre en bio, à partir d’une variété de blé conçue pour pousser avec des engrais et des pesticides…
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C’est oublier que la bio n’est pas égale à du « conventionnel moins la chimie » mais, bien plus, qu’elle est la construction d’un agrosystème complexe reposant sur la biodiversité, les associations de cultures ou encore l’agroforesterie. Ces solutions existent déjà dans des millions de fermes à travers le monde, capables de produire une alimentation saine et rentable.
« Le mythe des rendements bio insuffisants pour nourrir le monde est ainsi le résultat combiné d’une erreur méthodologique monumentale, d’un ethnocentrisme occidental et de politiques publiques qui entravent les pratiques biologiques. Il est temps de relever notre regard et d’avancer. » Je vous invite à lire Jacques Caplat (sur Internet et dans ses ouvrages ) qui déroule une argumentation sans faille et permet de comprendre que l’agriculture biologique pourra nourrir 9 milliards d’humains. Une étude scientifique financée par l’ONU parue le 14 novembre dernier corrobore cette affirmation : une agriculture 100 % biologique pourrait nourrir les humains en 2050 si nous réduisons le gaspillage alimentaire et consommons moins de produits animaux.
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Le « hors-sol » est la pensée d’une société H.S. : on se retrouve à « chercher un emploi » plutôt qu’à apprendre un métier et des savoir-faire, on favorise les recherches scientifiques et médicales des lobbies phytosanitaires et pharmaceutiques sans aucune éthique, on promeut une écriture inclusive qui ne réduit en rien les inégalités entre les sexes – nous valons mieux, nous les femmes, qu’un « e » coincé entre deux tirets ! – on ouvre nos écoles aux multinationales de l’informatique au détriment de l’apprentissage de la pensée, et l’on évite tout débat au nom d’un progrès dévastateur en taxant de réac quiconque voudrait interroger les « choix sociétaux » portés par nos élites déracinées… Affamés de vrai changement, tournez le dos à ce monde « hors-sol » et hors-sens, enracinez-vous. La terre, notre ancrage et notre terroir, son odeur, ses couleurs, c’est le point de départ et la ligne d’arrivée.
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