Comment avez-vous eu la révélation de ces trames bibliques dissimulées dans les superproductions ?
C’est d’abord le Terminator de 1984 qui a attiré mon attention, avec cette histoire de Sarah Connor, l’héroïne du film, à qui est annoncé qu’elle va mettre au monde un enfant et que cet enfant sera le sauveur du monde. En poussant l’observation du récit et des images, on se rend compte que Sarah Connor est une transposition technofuturiste mais tout à fait fidèle de la Vierge Marie, à commencer par cette scène d’Annonciation. La transposition reste cohérente dans de nombreux détails de l’histoire et des personnages.
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Quel est le film dont l’arrière-plan biblique vous a le plus surpris quand vous l’avez découvert ?
Un jour sans fin est un véritable miracle. C’est une réflexion d’une intelligence prodigieuse sur le Salut et la quête du paradis. La simple scène d’introduction, faite d’un enchâssement d’images de ciel, est à la fois une leçon de cinéma et une leçon de théologie. Quand on comprend qui est vraiment le personnage de Rita, toute l’histoire devient incroyablement belle et profonde. Je ne m’attendais pas à constater que ce film était une citation littérale d’un passage des évangiles de saint Luc !
Cela révèle-t-il l’inconscient biblique des réalisateurs, du public ou de l’humanité entière ?
Ces récits sont connus de tous ou presque, même confusément, et ils font résonner quelque chose de très profond en nous. Ce sont aussi des outils qui servent à charpenter un récit, à le rendre plus grand ; ce sont des archétypes. Même déchristianisé, le public occidental continue d’aimer les héros sacrificiels et le triomphe de la justice sur la méchanceté. Cela ne vient pas de nulle part. Le christianisme est peut-être au stade zombie, pour citer la formule frappante d’Emmanuel Todd, mais il continue d’agiter un panache de ralliement qui a pour nom l’Amour. Et cet amour est universel.
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Une scène qui pour vous représente une transposition exceptionnelle des récits bibliques ? J’ai une certaine tendresse admirative pour le Superman de 1978, qui réussit le tour de force de démontrer implacablement la continuité Moïse-Jésus à travers le personnage de Superman. Je pense en particulier à la scène de la Forteresse de la Solitude où se retire le héros lorsqu’il a dix-huit ans ; c’est à la fois le désert de Moïse et le désert du Christ. Là, la figure du Père lui apparaît en hologramme et l’investit de sa mission ; c’est à la fois le buisson-ardent de Moïse et le baptême du Christ au bord du Jourdain.





