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Sorties musique : critiques du meilleur et du pire

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Publié le

31 décembre 2025

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Chaque mois, L’Incorrect sélectionne pour vous le meilleur et le pire de l’actualité culturelle. Perles rares ou navets survendus, authentiques exploits ou pathétiques arnaques, ici se poursuit l’ambition de distinguer. À rebours de la tyrannie du médiocre, du politiquement convenable et du consensus, nos critiques vous redonnent le sens des hiérarchies.
© DR

SIC LUCEAT LUX
LUX, Rosalia, Columbia, CD 14€99

Rosalia ne fait rien comme tout le monde. Après s’être imposée comme une star mondiale de la pop latino, et ce en moins de deux albums, elle revient avec un album symphonique, enregistré à Londres, qui balaie d’un revers de main toutes les affèteries numériques de la pop moderne, et revient aux bases, dans un geste artistique aussi contemporain que scandaleusement anti-moderne – presque comme Moody Blues l’a fait à l’époque de Days of Future Passed. Une pop solaire, chantée dans une dizaine de langues, sorte d’hommage aux divas qui ont fait l’histoire appuyé par des cordes étincelantes, que vient parfois assombrir une tectonique ravageuse de nappes synthétiques et de coruscations drum’n’bass – contrepoint nécessaire et tellurique à un chant diaphane qui s’évertue à vouloir effleurer le dôme du ciel. Dur de détricoter cet album trop parfaitement produit, arrangé et interprété, mais parfois tiraillé ici et là par des inspirations virtuoses – comme cet incroyable « Berghain » qui commence par un déferlement de cordes à la Vivaldi, interrompu en majesté par l’immense Björk, et sa voix qui brise toujours aussi parfaitement les glaces. MO

VIVA L’ITALIA
UNA LUNGHISSIMA OMBRA, Andrea Laszlo De Simone, Virgin, CD 15,99€ 

Que se passe-t-il en Italie ? Les succès de Meloni impressionnent et font (presque) taire les plus critiques ; Sorrentino nous a prouvé avec Parthenope, encore une fois, qu’il était l’un des plus grands cinéastes de notre temps ; et la pop raffinée atteint des sommets avec le second album d’Andrea Laszlo De Simone. Il faudrait tout de suite se débarrasser de quelques adjectifs : cinématographique, symphonique et nostalgique, en tête. Ils sont justifiés et c’est peut-être pour cela que vous les entendrez partout où l’on vous parlera de Laszlo De Simone. Évidemment amateur des seventies les plus orchestrales, ce petit génie est trop malin pour le dire et citer des références qu’on trouverait trop appuyées. À la place, il compose ce disque, dix-sept titres, plus d’une heure d’un voyage en aquarium temporel et sonore. Petit miracle qui permet d’adoucir le poids de l’époque, sa lourdeur toujours plus grande. Un tel bouclier, même de plumes, n’est pas inutile, loin de là : profitons-en. Emmanuel Domont

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UN SOMMET
GETTING KILLED, Geese, Partisan Records / PIAS, CD 15,99€

Mea culpa. J’étais passé à côté. On ne dira jamais à quel point l’état psychique autant que physique dans lequel on découvre une œuvre influe sur sa réception. Le matin où j’ai découvert Geese, il y a quelques semaines, la voix de Cameron Winter – geignarde et possédée à la fois – m’insupportait. Elle insupportera sans doute beaucoup d’autres gens éternellement mal réveillés. Il n’empêche que c’est une voix importante de la musique de notre époque, comme l’était, à sa façon, et à son niveau, celle de Bob Dylan en 1966 (j’entends déjà les cris d’orfraie des puristes : à la bonne heure !). On peut détester ou adorer cet album, je n’ai pour autant aucun doute qu’il est un des disques les plus importants des vingt dernières années : ma main à couper (que les puristes réfractaires apportent leur hache, je suis prêt). Disque difficile, intense, Getting Killed n’en est pas moins incontournable. En son sein, des chansons telles que « Cobra », « Au Pays du Cocaine » ou « Taxes » resteront (à condition que tout ne s’effondre pas – ce dont on n’est jamais vraiment sûr). En attendant le pire, jetez-vous sur le meilleur disque du moment : c’est celui-ci. ED

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