Dans La Femme infidèle, l’impossibilité du bonheur bourgeois est causée par la double nature de la femme (ennui et luxure) et de l’homme (violence et calcul). Transposant le chef-d’œuvre de Claude Chabrol dans une ville russe au début de la guerre avec l’Ukraine, Andreï Zviaguintsev congédie la métaphysique au profit du politique.
Lire aussi : « Widow’s Bay » : une anthologie ratée de l’horreur insulaire
Son Minotaure n’a plus pour héros qu’une canaille torve dont l’épouse, loin de la splendeur réfrigérante de Stéphane Audran, vacille comme une petite fleur effeuillée. L’usure du couple, ce ronron mille fois vu, cède la place dans les meilleures séquences à la description implacable de la corruption en terres poutiniennes. Bien plus courageux que Notre Salut, ce film de prestige correct se termine sur un plan abstrait et inquiétant, annonciateur de catastrophes.
MINOTAURE (2h21), d’Andreï Zviaguintsev, avec Dmitriy Mazurov, Iris Lebedeva, Simon Liashenko, en salles le 14 octobre




