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Brigitte Bardot : « Les politiques sont dénués d’âme et de cœur »

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Publié le

15 mars 2018

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Larmes de combat est sans doute le livre le plus abouti de Brigitte Bardot en faveur de la cause animale. L’ancienne idole y sort de nouveau ses griffes pour attaquer, avec une sensibilité à vif, tout un ordre du monde. Entretien avec une passionnée.

 

Votre livre Larmes de Combat est une sorte de testament…

Je n’aime pas le mot « testament », c’est plutôt un « héritage », un bilan.

 

L’animal, selon vous, serait-il l’avenir de l’Homme ?

Si l’animal disparaît, l’homme disparaîtra aussi. Tout est lié, c’est une chaîne écologique qui comprend aussi la nature que l’homme est en train de détruire.

 

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« Si j’ai accepté de porter ce dernier livre, c’est pour deux mots: l’éthique et la morale animales », dites-vous. Toute forme de vie mérite-t-elle le même respect ?

Absolument, l’homme s’est accaparé une prédominance destructrice sur toute faiblesse, ce qui prouve sa lâcheté et sa cruauté.

 

« Pour commencer, nous allons faire les petites choses faciles; petit à petit, nous nous attaquerons aux grandes et, quand les grandes choses seront faites, nous entreprendrons les choses impossibles. » Cette phrase de Saint François d’Assise, en première page, résume brillamment la manière dont vous conduisez votre vie. Comment avez-vous découvert le « Poverello »?

Je n’ai pas découvert Saint François d’Assise, il est mondialement reconnu pour son humilité et son amour des animaux. Il est mon modèle dans mon subconscient.

 

Il disait notamment: « Rappelez-vous que lorsque vous quittez cette terre, vous n’emportez rien de ce que vous avez reçu – uniquement ce que vous avez donné. »

Oui, c’est une phrase que j’aurais pu dire, elle est très belle et si vraie.

 

Comment avez-vous toujours trouvé l’équilibre entre fragilité et puissance qu’évoque le titre de votre livre ?

C’est un miracle que j’aie tenu le coup confrontée à tant d’horreur. Je crois que c’est l’amour, la révolte, la passion, l’injustice qui ont eu raison de ma vulnérabilité, de ma détresse.

 

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« L’animal n’est pas un esclave pour rien, il est esclave parce qu’il est rentable. », écrivez-vous. L’a-t-il toujours été à travers les âges ou subit-il la folie humaine moderne ?

Quand l’existence était encore à mesure humaine, il n’y avait pas d’exploitation animale, les choses se faisaient au rythme de la nature, des saisons, du besoin vital de chacun, l’équilibre était respecté. La démographie outrancière, l’industrialisation, la mondialisation, la folie des échanges commerciaux, la rentabilité à tout prix ont dénaturalisé, déshumanisé, déstabilisé l’équilibre naturel des choses de la vie. L’appât du gain a déshonoré l’espèce humaine, l’a privée de cœur, de compassion et d’empathie. Nous subissons une décadence grave qui risque d’entraîner une extermination de la civilisation actuelle. La nature commence à se venger de la destruction dont elle est victime.

 

Et vous avez cette phrase terrible : « Il est si commode d’exploiter une souffrance muette… »

« L’animal, ce monde infini de douleurs muettes », que l’humain exploite sans fin pour sa rentabilité, valorise l’humilité, la résignation de l’animal, donc sa sagesse instinctive.

 

De tous vos combats en faveur du règne animal, lesquels vous ont-ils le plus marqué ? Il n’y a pas de hiérarchie dans les combats ni dans la souffrance. Pourquoi, selon vous, les hommes politiques français demeurent-ils indifférents à cette cause ?

Les politiques sont dénués d’âme et de cœur. Ils ne pensent qu’à leurs promotions et à leurs sondages médiatiques. Le pays des Droits de l’homme devrait être celui du respect des animaux. Mais les assassins sont scandaleusement épargnés pendant que l’innocence des animaux est sacrifiée.

 

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Où puisez-vous la force nécessaire à votre inlassable lutte ?

Mon livre est le reflet de mon cœur, de mon âme, de ma vie. Je me livre entièrement sans pudeur, je vis les souffrances animales, je les ressens et les vomis dans mon mépris de cette race humaine cruelle et sanguinaire. Ma force vient de ma réserve, de mon écœurement, des protections que le Ciel m’accorde et de ma volonté de faire changer les choses.

 

« C’est dans le regard d’un chien que j’ai vu le visage de Dieu », écrivez-vous. C’est un constat extrêmement fort…

« La cruauté envers les animaux et même l’indifférence envers leurs souffrances est à mon avis l’un des péchés les plus lourds de l’Humanité, il est la base de la perversité humaine – Si l’homme crée tant de souffrances, quel droit a-t-il de se plaindre de ses propres souffrances ? », Romain Rolland. Ce sera le mot de la fin et je vous remercie de l’émotion que vous avez ressentie en lisant Larmes de Combat.

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