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L’élevage traditionnel a été remplacé par la production industrielle de matière animale. Heureusement, certaines initiatives font revivre l’abattage à la ferme.
L’abattage hivernal du cochon dans une cour de ferme, scène traditionnelle de la vie paysanne, n’existe plus que dans quelques récits d’un Vincenot ou d’un Pourrat. Le porc n’est plus un animal de ferme ni d’élevage; à la suite du poulet, il est massivement devenu un animal de production, entre des mains humaines âpres au gain.
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Comme le dit Jocelyne Porcher, ancienne éleveuse reconvertie à l’INRA dans la recherche sur la relation homme/animal, « on produit de la matière animale. Ce n’est pas de l’élevage. (…) On est vraiment dans un système conceptualisé au XIXe siècle par la zootechnie, et qui transforme la relation de travail aux animaux qu’était l’élevage en production de matière animale ».
Ce système zootechnique élève hors-sol, comprime, angoisse, insémine artificiellement à un rythme effréné, et encage ces brebis innocentes en camions pour les mener à l’abattoir, sur des distances d’une centaine de kilomètres en moyenne.
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Paysans contre Monsanto, la grande distribution, les Chinois, le remembrement…Le droit du sol ?
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— L'Incorrect (@MagLincorrect) March 2, 2019
Il y a aujourd’hui 265 abattoirs sur le sol français (pour une production de 3.7 millions de tonnes de viande), contre 1 800 en 1960 : l’augmentation de la distance tue toute possibilité de circuits courts et génère sur les animaux un stress tel que la qualité de la viande en pâtit.
Sans parler de la morale naturelle qui attendrait de l’homme qu’il donne aux animaux une mort convenant à leur dignité animale.
Face à ces horreurs, deux postures sont possibles: soit décider d’abolir toute consommation de viande, ce qui conduit rapidement à détruire l’élevage traditionnel et donc la belle relation homme/animal nécessaire à la survie des herbivores et au maintien de nos écosystèmes; soit renouer avec les séculaires habitudes de l’élevage, qui impliquent, pour l’éleveur qui veut sortir du système productiviste, de suivre lui-même toutes les étapes de vie de ses animaux, de la conception à l’abattage.
Vers l’abattage nomade ?
Aujourd’hui, les abattoirs français doivent être agréés et recevoir de régulières inspections de vétérinaires des DDPP (Directions départementales en charge de la protection des populations), vétérinaires bien souvent réduits au silence. L’abattage à la ferme ne peut quant à lui être pratiqué que sur des bovins et des équidés et exclut toute commercialisation des viandes.
La législation européenne (règlement CE n° 1099 de 2009) prévoit cependant qu’il est possible aux États membres d’établir des règles nationales pour les abattoirs mobiles. L’association Quand l’abattoir vient à la ferme, fondée en 2015 à l’initiative de Jocelyne Porcher, s’est emparée de cette brèche juridique.
Rassemblant éleveurs, vétérinaires, bouchers et consommateurs, elle défend la cause des petits éleveurs qui décident de mettre à mort eux-mêmes leurs animaux. Ce qui a le mérite de mettre le doigt sur une douleur oubliée, celle des éleveurs qui n’ont d’autre choix que de remettre les animaux qu’ils ont soignés entre les mains des serial killers des abattoirs industriels.
L’association Quand l’abattoir vient à la ferme et toutes les initiatives connexes, comme le collectif Le Bœuf éthique, ont déjà connu une réussite probante avec la grande loi d’agriculture et alimentation, Egalim, votée en octobre 2018. Elle ouvre un état dérogatoire permettant « à titre expérimental et pour une durée de 4 ans » des dispositifs d’abattoirs mobiles, pour évaluer leur « viabilité économique et leur impact sur le bien-être animal ».
Le système zootechnique élève hors-sol, comprime, angoisse, insémine artificiellement à un rythme effréné, et encage ces brebis innocentes en camions pour les mener à l’abattoir. Jocelyne Porcher
Une très récente initiative (février 2019) montée par des éleveurs ovins du Lubéron, a trouvé le moyen d’alléger la charge financière induite par l’abattage à la ferme ou l’abattage mobile, grâce à un camion d’abattage qui se déplacerait à l’échelle d’un département sur des aires dédiées, où les éleveurs conduiraient leurs bêtes.
Le tout sous contrôle sanitaire des DDPP et dans le but d’améliorer la traçabilité de la viande. L’exemple a déjà été donné en Suède ou en Suisse, où les vaches peuvent même être abattues au fusil, alors qu’elles broutent au champ, leur viande étant ensuite apportée à l’abattoir pour la découpe, le tri des déchets de carcasse et la récupération des cuirs et autres denrées utiles (autant d’opérations qui restent encore à structurer dans les projets français d’abattoirs mobiles).
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Mais de telles pratiques nécessitent évidemment une adaptation des normes aux spécificités des abattoirs de petite échelle, normes qui « fragilisent la santé économique des petites structures mais n’empêchent ni les actes de maltraitance ni les accidents sanitaires », selon la Confédération paysanne.
Signe probant que l’abattage mobile ou à la ferme est un juste combat, le lobby antispéciste via son association d’agitprop L214 regarde en chien de faïence ces éleveurs qui veulent tuer chez eux: sans aucun doute une bande d’assoiffés de sang !
Marie Dumoulin
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